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Les somnifères, c'est bien. Mais traiter soi-même son
insomnie, c'est encore mieux.
Une étude parue dans le prestigieux Journal of the American Medical Association
(JAMA) a confirmé que, chez les personnes âgées, ce sont les traitements psychologiques qui ont les effets les plus durables. Autrement dit : oubliez les pilules et prenez-vous en main.
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L'étude, dirigée par Charles Morin, de l'École de psychologie de l'Université Laval et ses collègues du Collège de médecine de Virginie, a consisté à tester trois méthodes contre l'insomnie : tout d'abord un somnifère courant; ensuite, le traitement psychologique; et enfin, un mélange des deux. Soixante-dix-huit «cobayes» de plus de 65 ans ont ainsi été testés pendant deux ans.
Le traitement psychologique est en soi élémentaire, mais nécessite une bonne dose de volonté. Il consiste par exemple à corriger certaines croyances bien ancrées en nous: notamment celle suivant laquelle il serait indispensable de dormir huit heures par nuit. Or, les médecins ont établi depuis un bout de temps que certains d'entre nous, sans qu'on sache trop pourquoi, n'ont pas nécessairement besoin de ces huit heures. Peut-être est-ce dû au fait que certaines personnes récupèrent davantage dans le phase du sommeil lent profond. Pendant cette phase du sommeil, le corps est immobile et l'activité mentale faible. C'est pendant cette phase que l'organisme récupère le plus.
Mais ceux qui croient dur comme fer qu'ils ont besoin de huit heures de sommeil par nuit, voient leur stress augmenter lorsqu'ils ne dorment que cinq ou six heures, et l'augmentation du stress les empêche de dormir la nuit suivante, ce qui augmente encore leur stress, ainsi de suite...
Le traitement des psychologues consiste aussi à inciter le patient à corriger certaines habitudes. Par exemple, aller au lit uniquement lorsqu'on se sent fatigué; utiliser le lit seulement pour dormir (ne pas lire, regarder la télé, manger - faire l'amour est la seule exception autorisée!). Et enfin, quitter la chambre si le sommeil ne vient pas après 20 minutes : agir autrement ne contribue qu'à faire revenir le stress, encore lui!
Résultat de cette expérience : au bout de deux ans, l'insomnie était disparue chez 78 % des patients soumis au traitement psychologique, 75 % de ceux soumis au traitement combiné... et 56 % de ceux qui prenaient des somnifères seulement. Un suivi des patients, 12 et 24 mois plus tard, a révélé que les gains s'étaient maintenus chez ceux soumis à l'approche psychologique... mais pas chez ceux qui s'étaient contentés des somnifères.
Les problèmes d'insomnie chronique, explique Charles Morin, affectent entre 12 et 25 % des personnes âgées en bonne santé. Pourtant c'est un problème de santé sous-estimé, souligne le JAMA dans un éditorial accompagnant l'étude : moins de 15 % des insomniaques chroniques ont déjà été traités dans leur vie, et à peine 5 % des personnes souffrant de problèmes de sommeil ont déjà consulté un médecin à ce sujet. Alors que, pour certains d'entre eux, il suffirait de si peu de chose...
Agence Science-Presse
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