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Les couples stériles étaient bien heureux d'avoir accès aux nouvelles techniques de reproduction... jusqu'à ce qu'on se rende compte que certains d'entre eux se retrouvaient parents de deux, trois, quatre, cinq, six, voire sept rejetons du même coup! De quoi donner raison aux mystiques qui prétendent qu'à trop vouloir jouer au dieu-créateur, l'homme finit par y perdre son âme (et la tête)...
Le problème, c'est que la fécondation in vitro (cette technique qui consiste à recueillir l'ovule de la future mère et à le féconder en éprouvette avec le sperme du mari) était, et est toujours, une technique qui ne réussit pas à tous les coups. En fait, il serait plus juste de dire qu'elle échoue plus souvent qu'autrement.
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Pour se donner plus de chances, les médecins ont donc pris l'habitude, depuis 20 ans, de féconder plus d'un ovule à la fois, et de réimplanter plus d'un embryon dans l'utérus. Résultat : quand ça ne marche pas, ça ne marche pas, mais quand ça marche... bonjour les familles nombreuses!
Or, les opposants à la FIV qui mettaient cet argument de l'avant se retrouvent maintenant devant une nouvelle qui pourrait leur clouer le bec : une nouvelle technique de fécondation in vitro par «implantation blastocyste» qui combine haut taux de fécondation et faible risque de grossesses multiples. «Blastocyste» est le terme par lequel on désigne un embryon composé d'environ 300 cellules, stade qui est atteint au 6e ou 7e jour après la fécondation.
En 1996, la naissance de plus de 20 000 bébés fut attribuable à des traitements de fertilité, selon le Centre de contrôle des maladies d'Atlanta. De ce nombre, près de 40 % étaient des naissances multiples... contre 2 % dans la population en général. On peut donc facilement déduire que le taux élevé de grossesses multiples est une complication non négligeable de la fécondation in vitro... Et c'est sans parler des impacts émotifs et financiers.
La fécondation in vitro habituelle consiste à implanter quatre embryons âgés de trois jours dans l'utérus. Ce que la nouvelle technique permet, c'est donc de laisser maturer les embryons deux ou trois jours de plus - à l'échelle embryonnaire, c'est énorme - dans l'éprouvette avant de les implanter dans l'utérus. Peu d'embryons atteignent ce stade de développement dans l'éprouvette : ce sont donc seulement les deux plus résistants qui seront implantés dans l'utérus. Et au passage, cette technique élimine le problème épineux des embryons «supplémentaires», qui sont souvent gardés au congélateur pendant des années, au cas où les autres ne se rendraient pas à terme.
Selon le Dr Hilton Kort, de la firme Reproductive Biology Associates (RBA), la FIV par blastogenèse est une percée extrêmement importante en matière de techniques de reproduction. «C'est la première étape vers la réduction des grossesses multiples.» Le taux de ces dernières serait, selon les promoteurs de cette méthode, de 65 % avec cette nouvelle méthode, contre 30 à 40 % avec la FIV traditionnelle. Rien n'est parfait toutefois : il y a certes moins de risques d'avoir des triplés, mais 40 % des patientes de la RBA, dont la grossesse a été rendue à terme, ont donné naissance à des jumeaux.
Agence Science-Presse
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