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L'utilisation des stimulants (Ritalin, Cylert, Dexedrine) dans le traitement du déficit de l'attention fait encore couler beaucoup d'encre. Non seulement les parents hésitent-ils à administrer des médicaments à leur enfant, mais certains critiques affirment que les stimulants sont souvent prescrits à des enfants qui ne souffrent pas réellement du syndrome du déficit de l'attention afin de contrôler certains comportements dérangeants. Aux États-Unis, la National Attention Deficit Disorder Association (NADDA) admet que le déficit de l'attention est, paradoxalement, un syndrome qui est en même temps surestimé et sous-estimé. S'inspirant de la littérature médicale, de l'expérience de cliniciens et d'entrevues avec des milliers de familles aux prises avec le problème, la NADDA a publié un guide énonçant certains principes afin d'améliorer le diagnostic et le traitement du déficit de l'attention. En voici un aperçu.
Évaluer et traiter toute la personne
Le diagnostic du déficit de l'attention devrait tenir compte des interactions du syndrome avec la santé physique et mentale de l'enfant. La NADDA croit qu'il est inadéquat de traiter les seuls symptômes du déficit de l'attention. Il faut considérer la personne dans son ensemble et voir toutes les répercussions du syndrome sur sa vie. On peut ainsi agir sur les différents aspects de la maladie. On considère qu'une approche globale du problème augmente les chances de succès du traitement.
Suspecter le déficit de l'attention, et non le présumer
Le déficit de l'attention devrait être suspecté lorsqu'un enfant présente des troubles de l'attention ou de comportements, mais ne devrait pas être tenu pour acquis. Les symptômes peuvent varier de légers à extrêmement sévères selon les individus et peuvent être causés par d'autres maladies. Un diagnostic approprié peut aider à identifier ces causes potentielles. Il permet en outre de voir s'il existe des conditions coexistantes comme la dépression, l'anxiété, les troubles de la personnalité, etc. Un bon diagnostic doit être basé non seulement sur un examen médical complet, mais aussi sur une évaluation psychologique qui tient compte des comportements scolaires et sociaux de l'enfant.
Ne pas prendre une réponse positive aux médicaments comme preuve du déficit de l'attention
Une réponse positive aux médicaments ne peut servir de base au diagnostic pour plusieurs raisons. Tout d'abord, les stimulants peuvent avoir un effet positif sur certaines personnes qui souffrent d'une autre maladie que le déficit de l'attention et même sur certaines personnes qui ne présentent aucun trouble. De plus, certaines personnes qui présentent le syndrome ne trouvent pas de soulagement avec les médicaments, soit parce que la dose n'est pas bien ajustée, soit parce que le médicament n'est pas approprié. On ne peut donc pas éliminer le déficit de l'attention en se basant sur l'effet négatif des médicaments. Enfin, l'utilisation des médicaments comme base de diagnostic peut mener à négliger les autres aspects de la maladie qui coexistent parfois. L'usage des médicaments doit être réservé au traitement et ne pas influencer le diagnostic.
Impliquer l'entourage et recourir à plusieurs disciplines
Les parents, les enseignants et les employeurs, dans certains cas, devraient être impliqués dans le diagnostic et le traitement du syndrome du déficit de l'attention. Non seulement peuvent-ils fournir une foule de renseignements utiles au médecin traitant, mais en connaissant mieux la maladie, ils peuvent être d'une aide précieuse lorsque le traitement est amorcé. De plus, les symptômes de la maladie étant très variés, il est souvent nécessaire de faire appel à d'autres spécialistes que le médecin. Psychologues, psychiatres, éducateurs, travailleurs sociaux, groupes d'entraide ou associations peuvent tous être impliqués, à un degré ou à un autre selon l'individu, et devraient travailler en collaboration pour maximiser les chances de réussite du traitement.
L'usage des stimulants dans le traitement du déficit de l'attention n'est pas un débat réglé. Leur efficacité est certaine. Encore faut-il poser le bon diagnostic. Et agir sur plusieurs fronts. Si vous soupçonnez que votre enfant souffre du déficit de l'attention, adressez-vous de préférence à un médecin qui est familier avec le syndrome. Il pourra vous informer des différents traitements qui s'offrent à vous et à votre enfant.
Marie-Christine Tremblay
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