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Voici la suite de l'article sur le syndrome d'alcoolisation fœtale (SAF).
Incidence
Les recherches menées jusqu'à ce jour concluent que 1 à 3 enfants naissent avec le SAF par 1000 naissances et que 3 à 9 enfants sont affectés par l'alcool (EAF) par 1000 naissances. Donc, 4 à 12 enfants par 1000 naissances présenteront à des degrés divers des problèmes d'apprentissage et probablement de comportement dus à l'alcool. Au Québec, il y a eu 79 869 naissances en 1997 (statistiques démographiques du Bureau de la statistique du Québec), ce qui signifie qu'entre 319 et 958 enfants sont nés en 1997 affectés par la consommation d'alcool de leurs mères, dont 80 à 240 ayant le SAF. Selon les mêmes sources, la population des 0-14 ans au Québec au 1er juillet 1997 totalisait 1 375 875 enfants, ce qui signifie qu'il y avait entre 5 503 et 16 510 enfants de 0 à 14 ans affectés par l'alcool, dont 1 376 à 4 128 ayant le SAF.
Action de l'alcool sur le fœtus
L'alcool traverse sans peine le placenta et entre en contact avec l'embryon et le fœtus, entravant ainsi le processus de formation des cellules et des tissus. De tous les organes, c'est le cerveau qui se trouve le plus affecté, car il est le premier à se former et sa formation ne sera complète qu'après sa naissance. Des recherches faites sur les cerveaux de personnes atteintes du SAF ont clairement démontré des malformations importantes. Certains enfants vont dire qu'ils ont l'impression d'avoir des trous ou des murs dans leur tête...
Le SAF, une des principales causes de la déficience intellectuelle
En raison de son action majeure sur le cerveau, l'alcool est la principale cause chimique de la déficience intellectuelle. Le SAFconstitue, en effet, l'une des principales causes de la déficience intellectuelle en Amérique du Nord, à égalité avec le syndrome de Down (trisomie 21).
Car, contrairement au syndrome de Down, il est possible de prévenir le syndrome d'alcoolisation fœtale et les déficits intellectuels qui y sont associés : par une grossesse sans alcool.
Le quotient intellectuel des enfants atteints du SAF varie de 15 à 115 avec une moyenne de 67, soit la déficience légère. Les enfants subissant les effets de l'alcoolisation fœtale (EAF) présentent eux aussi une diminution du quotient intellectuel, ainsi que des dysfonctions cognitives subtiles comme des troubles d'apprentissage.
Principales conséquences des atteintes cérébrales attribuables à l'exposition prénatale à l'alcool:
- Déficits au niveau de la mémoire
- Habileté à s'exprimer supérieure à la compréhension, ce qui leurre parfois l'entourage
- Difficulté à saisir les concepts abstraits (argent, temps, mathématiques)
- Difficulté à généraliser, donc capacité de résolution de problèmes réduite et répétition des mêmes erreurs
- Faible capacité de discrimination
- Difficulté à communiquer
- Capacité d'anticipation faible
- Faible compréhension des règles sociales
- Socialisation superficielle par inhabileté, et excessive ; aucune crainte des étrangers
- Inhabileté à s'investir dans des jeux structurés
- Persévération et, à l'occasion, repli sur soi et comportements d'autostimulation
- Hypersensibilité sensorielle (sons-toucher-goût-odorat-vision)
- Hyperactivité
- Impulsivité
- Faible tolérance au stress et aux changements
- Comportements intrusifs
- Tendance à ne pas coopérer en faisant preuve d'immaturité
- Peu d'autonomie
- Déficits au niveau de toutes les sphères de la motricité et au niveau de la coordination visuo-motrice
- Aberrations au niveau de la résistance à la douleur (ex. : un enfant SAF/EAF pourra se faire écraser un doigt sans émettre une plainte, mais hurlera lors du brossage des cheveux)
- Troubles de l'attention/concentration pour lesquels les psychostimulants (ex. : Ritalin) ont une efficacité relative.
© SAFERA
NDLR: Veuillez noter que Santé Canada et la Société canadienne de pédiatrie utilisent le terme «syndrome d'alcoolisme fœtal» pour désigner le SAF. Se reporter à la
Déclaration conjointe sur le syndrome d'alcoolisme fœtal et les effets de l'alcool sur le fœtus,
octobre 1996.
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