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Bien dans sa peau, bien dans ses implants
Les témoignages de femmes qui ont subi ce type d'intervention (plastie mammaire ou mammoplastie d'augmentation par prothèses) abondent tous dans le même sens : elles l'ont fait avant tout pour être bien dans leur peau. Bien sûr, les prothèses d'appoint dans le soutien-gorge (épithèses) ont bien été envisagées un court instant, mais il n'en demeure pas moins qu'une fois nue devant le miroir, c'est le retour à la case désespoir. Les conjoints interrogés, eux, ne semblent pas affectés par l'affaissement de la poitrine de leur douce et ne font par conséquent aucune pression sur ces dames pour avoir recours au bistouri. Ce sont donc bel et bien les femmes elles-mêmes qui acceptent mal de vivre avec leur menue poitrine et qui décident de leur plein gré de regonfler un peu leur estime de soi. Et en effet, des études psychologiques ont démontré que ces femmes se feraient opérer même si c'était pour aller vivre seule sur une île déserte... Reste à savoir si la réponse aurait été différente si la question avait été posée avant la chirurgie. «Avant, je n'étais pas à l'aise avec mon corps, j'éteignais la lumière très vite avant de me coucher pour ne pas que mon conjoint ait le temps de voir à quel point mes seins avaient flétri après trois grossesses!» se souvient Gabrielle. «Il est peut-être difficile de comprendre un tel comportement pour une personne qui n'a pas ce genre de problème, et je peux vous assurer que j'ai essayé d'accepter mon corps tel qu'il était devenu. Mais j'ai finalement décidé d'arrêter de souffrir psychologiquement. Et si c'était à refaire, je le referais tout de suite!» renchérit Caroline.
Une intervention de plus en plus courante?
La plupart des femmes interrogées n'ont eu aucune difficulté à trouver un chirurgien pour recourir à une augmentation mammaire. La mammoplastie est-elle aussi courante que la pose de faux ongles ? «Je connais une dizaine de personnes autour de moi qui ont eu recours à ce type de chirurgie plastique», m'avoue Nancy. Âgée de 34 ans et mère de deux jeunes enfants, elle a fait le grand saut après sa deuxième grossesse, lorsqu'elle a réalisé que sa poitrine avait littéralement fondu. Et elle n'est pas la seule : de nos jours, environ 250 augmentations mammaires sont réalisées annuellement dans une seule clinique à Montréal. La clientèle ? Principalement des mères de famille victimes d'une atrophie mammaire à la suite d'une ou de plusieurs grossesses, des patientes souffrant d'hypoplasie mammaire, c'est-à-dire de seins peu développés, ou encore des femmes qui ont subi une perte de poids importante qui a occasionné une diminution du volume des seins. L'âge moyen de la clientèle se situe entre 25 et 40 ans et la plupart des patientes l'ont fait pour la même raison, à savoir une perte de volume des seins consécutive aux grossesses. «Tu réalises que tu as 38 ans, que tu as porté deux enfants, que ton corps a subi toute sorte de changements hormonaux et que maintenant, tu peux enfin redevenir une femme. Mais tu as perdu tes seins, gagné du poids, perdu de l'élasticité, gagné des rides, bref, c'est pas facile à vivre. Alors si tu as les moyens de faire quelque chose pour retrouver ton estime de soi, t'hésites pas!» souligne Caroline, qui a eu, elle aussi, recours à des implants mammaires il y a deux ans. «Je ne savais plus comment m'habiller, j'en avais marre de porter des chandails amples, je rêvais de décolletés, rien de provocant, juste ce qu'il faut » ajoute Gabrielle, qui a subi son intervention en 1981, à l'époque où les implants en silicone étaient encore utilisés.
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Des seins et des hommes
«Si tu veux vraiment le faire pour toi, pas de problème, mais ne le fais pas pour moi. Je t'aime telle que tu es. Petite ou grosse poitrine, ça ne change rien ». C'est à peu près le discours classique que les hommes servent à leur conjointe quand vient pour elle le temps de «faire le saut». Pourtant, la plupart des hommes interrogés avouent fantasmer sur des poitrines plutôt fortes! D'où vient cette différence de langage chez les mâles questionnés ? Oui, c'est un fait, les hommes aiment les poitrines bien en chair, mais pas au point, pour la plupart, d'encourager leur tendre moitié à passer sous le bistouri pour subir une augmentation mammaire. Une fois l'intervention réalisée, toutefois, ils avouent que le volume ainsi gagné est plus agréable et disent ne sentir aucune différence au toucher entre l'avant et l'après, sauf dans les cas particuliers de formation de coque. À l'œil nu, il est difficile de faire la différence lorsque l'augmentation reste du domaine du raisonnable, bien entendu. «La plupart des implants, s'ils sont proportionnels à la quantité de peau et de tissu mammaire disponible ne sont pas décelables à l'œil, même pour un professionnel», souligne une employée d'une clinique de chirurgie plastique. La preuve ? Gabrielle, qui subit chaque année une mammographie de routine puisqu'elle a plus de 40 ans, a vu la surprise se peindre sur le visage de la technicienne de radiographie quand elle lui a dit qu'elle avait des implants. «Pourtant, s'il y a quelqu'un qui voit défiler des seins à longueur de journée et qui s'y connaît en la matière, c'est bien elle!» ajoute fièrement Gabrielle.
Mais tous les hommes ne s'accordent pas sur la pertinence, pour leur conjointe, de se faire remodeler la poitrine. Ainsi, certains mâles pensent sincèrement que les femmes qui ont recours à ce type d'intervention se mentent en quelque sorte à elles-mêmes en prétendant le faire pour elles seules. «C'est pas vrai qu'elles le font pour elles, c'est le regard des autres qui les influence dans leur décision», affirme l'un des hommes interrogés à ce sujet. Sylvain, dans la quarantaine, a fréquenté quelques femmes après sa séparation avec sa conjointe, et peut aisément distinguer une paire de seins remodelée d'avantages dits naturels. «Au toucher, c'est vraiment pas pareil quand les seins ont été refaits, souligne-t-il. La texture est plus dure, les seins sont plus statiques lors des rapports sexuels, alors qu'une poitrine naturelle, si petite soit-elle, bouge avec souplesse». Il va même plus loin, en ajoutant : «Je ne condamne pas les femmes qui ont recours à la mammoplastie, mais je trouve ça triste, de ne pas aimer son corps au point de vouloir à tout prix le modifier. Et puis, j'avoue que côté plaisir, une poitrine refaite, si grosse et parfaite qu'elle soit, est loin de m'exciter, au contraire, ça a plutôt l'effet d'un "turn off" sur moi». Et il n'est pas le seul, semble-t-il, à penser de la sorte. Bon nombre de ses collègues qui ont comme lui connu des partenaires avec des implants appuient son opinion. «Pas besoin que les seins soient gros, il faut juste qu'ils soient naturels, même s'ils sont très petits. Bien sûr, sous un chandail, si on ne le sait pas, notre regard est attiré par une poitrine généreuse, mais une fois au lit c'est autre chose!».
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