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Semaine du 12 mai 2008
à lire aussi...

Implants mammaires
Pour gonfler l'estime de soi

Un retour sur l'investissement?
Va pour l'estime de soi, va pour la mammoplastie dite raisonnable, qui se veut avant tout un bienfait psychologique dans plusieurs cas, mais les autres ? Ces femmes qui, dans un certain sens, «font commerce de leur corps», en dansant par exemple dans des bars spécialisés, quelle est leur motivation véritable ? Le gérant d'un bar de danseuses montréalais bien connu nous confie que 70 % de ses danseuses ont les seins refaits. «Nous ne les obligeons à rien, souligne-t-il, et nous n'exigeons aucune grosseur de seins minimale, car nos clients ont des goûts variés. Certains aiment les petits seins, d'autres les gros. Il n'y a pas de standard à proprement parler. J'en ai pour tous les goûts : des petites, des grandes, des blondes, des brunes, des rousses. Mais les filles savent que les clients préfèrent en général appeler à leur table une danseuse à la poitrine plutôt généreuse. Alors si tu veux faire de l'argent, tu rentres vite dans ton investissement Mais pour nous, le seul critère d'embauche demeure la beauté des filles, parce que nous avons une réputation à maintenir. C'est sûr que si elles ont les seins maganés par des grossesses successives ou qu'elles ont les seins flasques, on ne les embauche pas». Le message est clair. Les patrons de bars de danseuses n'exigent en général pas de leurs employées qu'elles se fassent refaire les seins, mais elles n'obtiendront pas l'emploi si leur poitrine est jugée inadéquate

Un $acrifice?
Évidemment, chirurgie esthétique et porte-monnaie sont étroitement liés; une nouvelle paire de seins coûte en moyenne 5 000 $, ce qui n'est pas à la portée de toutes les bourses. «J'ai emprunté sur ma marge de crédit, ce qui fait que je n'ai pas vraiment fait de sacrifice financier, même si je continue de payer l'intervention deux ans plus tard» avoue Nancy, qui a subi sa mammoplastie en 2001. Gabrielle, quant à elle, a patiemment économisé jusqu'à rassembler la somme nécessaire (3 000 $ en 1981). «Je ne voulais rien demander à mon mari, même s'il comprenait ma décision. C'était mon choix et il était important pour moi de l'assumer jusqu'au bout.» Mais de l'avis de toutes les femmes interrogées, elles ne regrettent rien et seraient prêtes à recommencer l'expérience demain matin, même s'il leur fallait débourser de nouveau une telle somme. «Qu'est-ce que c'est, 5 000 $ pour être bien dans ta peau? Toute l'assurance que tu retrouves, la satisfaction de pouvoir te regarder à nouveau dans le miroir quand tu te déshabilles, la joie de pouvoir de nouveau porter des chandails moulants ou des décolletés, de te mettre en maillot sans gêne, ça n'a pas de prix!» ajoute Caroline, qui a investi 5 500 $ dans ses implants en 2001.

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Cachez ce sein que je ne saurais voir
Affiche-t-on sa nouvelle poitrine fièrement, ou est-ce encore tabou d'avouer ses implants fraîchement acquis ? «Quand j'ai commencé à parler à des amis intimes de mon intention de subir une augmentation mammaire, ils n'ont pas réagi de façon négative, mais ils m'ont plutôt déconseillé l'intervention. Ils ne comprenaient pas vraiment l'utilité d'une telle démarche, d'autant que ça coûte cher et que la souffrance est relativement élevée pendant et après l'opération,» se souvient Caroline. «Ma mère et ma tante ont toutes les deux des implants; leur réaction a donc été favorable, car elles comprenaient parfaitement ma motivation, qui était d'ailleurs la même que la leur, des années auparavant» affirme quant à elle Nancy. Et les collègues de travail, les oncles, les tantes, les connaissances ? «Je ne me suis jamais fait demander si j'avais des implants, et j'en suis bien contente, car cela aurait voulu dire que c'était décelable à l'œil nu, ce que je ne voulais surtout pas! Si l'on m'avait posé la question, j'aurais probablement répondu par la négative, mais ça dépend de qui veut le savoir. C'est sûr qu'on ne crie pas sur les toits qu'on a des prothèses mammaires!» avoue Gabrielle. Nancy, pour sa part, n'a aucun problème à parler de ses implants. Elle a même «magasiné» la forme et la grosseur rêvées de sa future poitrine dans les bars de danseuses, avec son conjoint. «C'était comme un catalogue vivant. J'avais le loisir d'examiner tous les seins sans gêne et de me faire une idée précise de ce que je voulais vraiment. Et mon chum pouvait me donner son avis aussi!».

Seins d'ici et d'ailleurs
Côté chiffres, il est difficile de connaître avec précision la part qui revient aux mammoplasties dans les statistiques de chirurgie. En effet, la plupart des données disponibles regroupent les chirurgies esthétiques telles que la lipo-aspiration (ou liposuccion), les implants mammaires, les injections antirides, les rhinoplasties et les liftings. On peut en revanche affirmer sans se tromper que la chirurgie esthétique a connu un véritable essor depuis 1997 : aux États-Unis, l'une des grandes sociétés américaines de chirurgie esthétique, l'ASAPS (The American Society for Aesthetics Plastic Surgery), annonce en effet une augmentation de + 173 % des interventions esthétiques — il est d'ailleurs à noter qu'environ 1 million d'Américaines portaient des implants en silicone en 1990. Au Vénézuela, la mammoplastie à elle seule a connu une augmentation de 360 %! En Suisse et en France, les augmentations mammaires et la liposuccion sont, là encore, en tête de liste.

Karine Delobel

À lire aussi:
Des seins sur la place publique (3e partie)
Les implants mammaires (4e partie)
Le suivi médical




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1- Implants mammaires - Pour gonfler l'estime de soi, l'influence des gros bonnets et B, C, D : lettres de noblesse
2- Bien dans sa peau, bien dans ses implants, Une intervention de plus en plus courante ?, Des seins et des hommes
3- Un retour sur l'investissement ?, Un $acrifice ?, Cachez ce sein que je ne saurais voir , Seins d'ici et d'ailleurs



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