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On ne saurait trop vanter les mérites de l'autoexamen pour prévenir le cancer du sein chez les femmes. Or un pareil examen existe pour les testicules. Le saviez-vous?
Même si le cancer des testicules est peu fréquent (autour de 240 nouveaux cas par année au Québec, sur environ 20 000 nouveaux cancers), rien n'empêche de procéder à un examen de temps en temps. On le fera idéalement après un bain chaud, quand la peau du scrotum est souple. Roulez délicatement les testicules un à un entre les doigts à la recherche de toute bosse suspecte, qu'elle soit dure ou molle. Il se peut que cet examen soit douloureux, et c'est normal, cette région étant sensible chez beaucoup d'hommes.
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Neuf fois sur dix, la bosse détectée sur un des testicules sera cancéreuse, d'où l'importance de l'examen périodique. Mais, bonne nouvelle, vos chances d'en guérir totalement sont excellentes, elles sont de l'ordre de 95 %. Même les hommes gravement atteints guériront dans une proportion de 60 à 70 %; soit par radiothérapie ou chimiothérapie, selon la nature de la tumeur. Dans tous les cas, le chirurgien retire d'abord le testicule touché et peut le remplacer par une prothèse, si tel est votre désir. Le testicule solitaire peut ensuite assumer à lui seul la production de sperme et la croissance de la famille... sauf dans les quelques cas de stérilité induite par l'opération ou par la chimiothérapie. Il est donc sage de mettre du sperme en banque dès l'annonce d'un cancer des testicules.
Les symptômes à surveiller
Règle générale, la tumeur n'atteint qu'un seul testicule. Si vous sentez que le volume d'un testicule a augmenté, si vous éprouvez une pesanteur ou une douleur, ou que le testicule est dur comme un caillou, il faudra consulter le médecin, qui décèlera probablement une orchite (inflammation du testicule) ou une hydrocèle (accumulation d'eau dans la membrane du testicule). Si c'est un cancer, outre l'anomalie ou la bosse au testicule, vous ressentirez aussi, mais pas toujours, une tension ou une douleur aux mamelons, une douleur au ventre et un symptôme pulmonaire comme la toux.
D'où vient ce cancer?
L'hypothèse la plus acceptée par les spécialistes situe son origine dans la vie intra-utérine. Durant les sept premiers mois de la grossesse, les testicules du petit garçon demeurent dans son ventre. Deux mois avant de naître, ils descendent. Or il arrive qu'un testicule reste coincé et que bébé naisse avec un seul testicule apparent. Ces garçons seraient plus à risque. Le testicule descend souvent seul par la suite, faute de quoi il faut envisager une chirurgie mineure pour le mettre à sa place. Il semblerait que procéder à cette chirurgie avant l'âge de sept ans diminuerait de beaucoup le risque de contracter ce cancer. Il serait sage ensuite de surveiller de près ces garçons pour un éventuel dépistage précoce.
Selon Santé Canada, le cancer des testicules touche davantage les couches socio-économiques aisées, soit les cols blancs et les professionnels. Il y aurait aussi un risque accru chez les travailleurs du pétrole, du gaz naturel et, en particulier, chez les travailleurs du cuir. Les hommes de 20 à 35 ans restent les plus touchés. Trois de ces cancers sur quatre apparaissent enfin avant 50 ans.
Guy Sabourin
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