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De compressions économiques en réaffectations de personnel, le mauvais sort est jeté après des mois d'incertitude : vous perdez votre emploi. Être mis à pied constitue l'une des grandes sources de stress de l'existence. «Car un emploi représente beaucoup plus qu'un salaire le jeudi; vous perdez aussi, selon les cas, tout projet relié à cet emploi : l'achat d'une maison, votre désir d'avancement, un certain mode de vie, des contacts, un statut social, des habitudes et souvent le sentiment de sécurité associé au revenu fixe, explique Sylvie Boucher, psychologue au Centre d'aide au développement personnel. D'où une bousculade normale de sentiments comme la peine, la colère, le regret, une sensation d'injustice, identiques aux remous du deuil.»
Première règle: ne jamais nier
Il ne faut jamais nier ces sentiments négatifs qui nous envahissent. Car à force de mettre la poussière sous le tapis, on finit par y former une bosse... Ça fait du bien, donc, de pleurer, d'exprimer sa colère, sa frustration, sa peine. Du moins pour un certain temps.
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Deux grands principes de base, également utiles pour tout événement difficile, peuvent nous guider en cas de perte d'un emploi. D'abord, on peut choisir la façon dont on percevra la situation. On peut faire de la perte de son emploi une catastrophe, s'y cramponner et ne jamais passer à autre chose. Ce serait dommage... On peut aussi choisir d'en faire un événement à caractère positif qui nous permettra de cheminer, de passer à une autre étape de notre vie, d'essayer autre chose, de réaliser d'autres rêves, ou quoi encore. «C'est à mon avis le meilleur choix, poursuit Sylvie Boucher. Ce qui n'implique aucunement de nier ses émotions durant cette période difficile. Mais après avoir pleuré, on se mouche, on retrousse ses manches et on se dit qu'on en tirera quelque chose de bon. Évidemment, le chemin monte et descend. Il y a des jours où on se sent dynamique parce qu'on a rédigé trois demandes d'emploi. Après, par temps gris, ayant reçu trois réponses négatives à nos demandes, on se remet à pleurer, plongé au creux de la vague, ne voyant rien devant soi. Cela n'est pas grave; l'essentiel demeure de garder le cap.»
Deuxième règle : ne pas se laisser diminuer
Deuxième grand principe : ne jamais au grand jamais laisser les événements faire diminuer son estime de soi. «C'est fondamental, ajoute la psychologue. Perdre ça, c'est perdre le moteur (l'énergie) nous permettant de bien gérer ce moment de fragilité. La personne éprouvée doit se répéter que ce n'est pas sa faute si elle a perdu son emploi. Qu'aurait-elle pu y faire, à part prier Dieu? Se trouver un nouvel emploi convenable reste chose difficile et les refus ne devraient pas nous faire perdre confiance.»
Deux scénarios
Il arrive qu'on soit renvoyé, rarement il est vrai, parce qu'on a été insubordonné, indiscipliné, trop souvent en retard, peu performant. «Dans ce cas, je suggère de remettre en question non pas qui on est, mais plutôt certains comportements. La personne doit se dire qu'elle vaut quelque chose, mais qu'elle travaillait peut être dans un milieu inadéquat pour elle.» Il devient alors important de réfléchir à la question pour être mieux en mesure de choisir la prochaine fois.
Quant aux mises à pied pour motif de restructuration ou de faillite, elles n'ont rien à voir avec soi. On passe tout bêtement au moulin, avec les autres. S'il s'agit d'un emploi auquel on ne tenait pas beaucoup, ça peut être une libération. Mais dans le cas d'un bon emploi qu'on aimait, la perte peut ressembler à une catastrophe. Sans se dévaloriser, on peut néanmoins pleurer un bon coup. Ensuite, c'est le temps d'en profiter pour se questionner : qu'est-ce que j'aimais dans cet emploi, ce que je n'aimais pas, quels changements je souhaite dans le prochain (horaire ou orientation, par exemple). On se demande quelles sont nos véritables priorités dans la vie, en ne perdant jamais de vue qu'un individu, c'est beaucoup plus que son travail.
«Dans la recherche d'un prochain emploi, il est important de se rappeler le principe du mariage : je vous offre mes services, vous allez voir si je vous conviens, mais je vais aussi voir si vous me convenez, prévient Sylvie Boucher. Faire un mauvais choix seulement pour continuer à payer l'hypothèque n'est pas ce qu'il y a de meilleur, sauf temporairement. On peut choisir de n'être plus directeur mais simplement adjoint, pour voir ses enfants davantage. Ou encore travailler à temps partiel, pour se consacrer à autre chose qu'on aime. Bref, la perte d'un emploi fournit l'occasion d'un sérieux - et parfois douloureux - examen de ses priorités.»
«J'aimerais dire aux gens qu'ils doivent aller chercher tout le soutien dont ils ont besoin auprès de leur entourage, ajoute la psychologue : famille, amis et parfois même auprès de l'ex- employeur, qui peut fournir du soutien en cas de renvois massifs.» Les centres de recherche d'emploi peuvent également vous épauler.
Merci à Sylvie Boucher, psychologue du Centre d'aide au développement personnel, d'avoir accepté de répondre à nos questions.
Guy Sabourin
Pour consulter le dossier spécial Prévenir le stress et la dépression, cliquez ici.
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