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Semaine du 21 mars 2008
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Tenir le burn-out éloigné

La question à cent dollars: pourquoi mon voisin travaille-t-il 65 heures par semaine sous pression et se porte-t-il à merveille tandis que moi, passé 30 heures, je frise l'épuisement professionnel? «Chaque individu est unique, fait valoir Sylvie Boucher. Une série de facteurs peuvent influencer l'énergie disponible pour le travail : l'état de santé, le mode de vie (célibataire ou parent), l'âge et aussi l'importance que l'on accorde au travail par rapport aux autres domaines de la vie (famille, amis, loisirs). Les bénéfices (sécurité financière, plaisir, valorisation) qu'on peut retirer du travail ne sont pas les mêmes pour tous et sont parfois insuffisants. Chacun doit accepter qui il est et vivre en fonction de ses besoins et de ses limites.»

L'attitude de la personne envers son travail est aussi très importante. Certains ont un tempérament qui les fait glisser sur les contraintes et garder le sourire dans les pires situations. Un peu James Bond sur les bords. D'autres sont plus sensibles au stress et fonctionnent bien uniquement quand la pression reste basse. Or les milieux de travail respectent de moins en moins les différences individuelles et exigent que tous soient performants. On veut des individus interchangeables, qu'on peut jeter après utilisation maximale. Phénomène qui créé du reste une pression supplémentaire sur ceux qui travaillent.

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Apprendre à se respecter...
Prenons l'exemple du milieu bancaire, sous le coup d'un changement de cap épouvantable. «Les employés tombent comme des mouches et nous les ramassons à la pelle, déplore Sylvie Boucher. Des personnes bâties pour le service à la clientèle (les caissières), intéressées par les relations humaines, se retrouvent tout à coup précipitées dans un univers de production, de vente, de marketing, d'obsession du chiffre d'affaires. Elles font désormais un travail contraire à leur personnalité et négligent ce qui est important pour elles.

Le message fondamental devrait donc être le suivant, poursuit Sylvie Boucher : apprenez à vous respecter, à établir clairement vos limites. Prenez le temps de vivre plutôt que de suivre le rythme. Si on vous en demande trop, dites : c'est assez. Retenez qu'il y a dans la vie autre chose que le travail. C'est un exercice intéressant que d'identifier ses priorités et de faire ensuite en sorte que son temps et son énergie soient réparties en fonction d'elles.»

... et à se faire respecter
Plus facile à dire qu'à faire? Certes. Les psychologues comprennent parfaitement qu'on ne peut facilement mettre le poing sur la table. Si une personne le fait, ce n'est pas suffisant. Mais si tout un service ose, au sein d'une grande entreprise, des changements deviendront possibles. Il est important que les milieux de travail qui produisent un nombre sans cesse croissant de personnes en épuisement professionnel s'interrogent. «En sortant d'une thérapie, les gens comprennent ce qui les a conduits au burn-out, poursuit la psychologue. Ils retournent au travail très productifs, mais font respecter leurs limites. Ils sont capables de dire non et arrêtent de s'énerver.»

Plus promptement vous réagirez aux premiers symptômes, moins longtemps vous serez en arrêt de travail, meilleur sera votre état. L'épuisement professionnel comme la dépression servent souvent de révélateur. Ils signalent qu'il est temps de dire non, temps de se respecter, temps d'établir ses priorités personnelles, temps d'assouvir ses propres besoins. Ceux qui s'y sont fait prendre une fois retombent rarement dans le piège...

Merci à Sylvie Boucher, psychologue du Centre d'aide au développement personnel, d'avoir accepté de répondre à nos questions.

Guy Sabourin



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