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Aux États-Unis, 17 Américains se suicident par jour. Le Québec avec ses 1500 suicides par an, dont 1200 chez les hommes, détient le record de toutes les provinces du Canada. Une personne sur six y est concernée par le suicide, soit qu'elle y a pensé, soit qu'elle vit auprès d'une personne suicidaire. En Suisse, chaque jour, un jeune de moins de 20 ans met fin à ses jours. En France, il y a 165 000 tentatives de suicide par an et 12 000 morts. Les Belges ont également un taux de suicide élevé, puisqu'on y recense 2000 morts par an. Sur 10 tentatives, 4 suicidants sont des récidivistes. Sur 100 tentatives ratées, 10 % seront recommencées dans les deux ans qui suivent. Il y a donc moyen d'agir.
Après l'acte, réussi ou raté, les proches peuvent a posteriori reconstituer le cheminement du suicide et les signes avant-coureurs qui auraient dû les alerter. Ils culpabilisent alors sur ces indices infimes qu'ils n'ont pas su interpréter, ces appels à l'aide qu'ils n'ont pas su déchiffrer et ces gestes simples qu'ils n'ont pas faits et qui auraient pu éviter le tragique basculement.
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La meilleure prévention des suicides passe d'abord, et avant tout, par la détection des situations à risque par les proches. Le but de ce livre est de livrer le maximum de clés pour que chacun puisse être en mesure de mieux «voir» et d'apporter l'aide nécessaire.
De nombreux facteurs sont à l'origine des suicides. Dans tous les cas, il s'agit d'une réponse limite à un seuil de souffrance insupportable. Selon les sociologues, la cohésion sociale réduirait notamment les suicides. En revanche, l'anonymat de nos sociétés, la faiblesse des réponses données aux grands malades de ce siècle, comme les cancéreux ou les sidéens, l'oubli affectif de nos personnes âgées, l'éclatement des familles, le ballottement des enfants d'un parent à l'autre, l'absence de réponses positives données aux chômeurs, notre incapacité à réduire la grande pauvreté, le surpeuplement des villes non compensé par une organisation sociale chaleureuse, le défaut d'encadrement au moment des deuils, la solitude dans les mégalopoles, la multiplication des fardeaux administratifs dus à la paperasse que doit remplir le citoyen moderne et, surtout, la disparition de toute charpente humaine rendent l'individu plus que jamais vulnérable au stress, qui, à moins que tout aille bien, se sent désemparé devant l'adversité et ne voit plus qu'une solution pour y faire face : la fuite par le suicide.
Commencer une action de prévention, c'est mettre le doigt sur l'aspect existentiel de la souffrance qui mène au suicide. Dans nos sociétés avancées, laisser les suicides dans une nébuleuse, loin d'être rassurant, montre notre incapacité à répondre aux questions et aux besoins de ceux qui se questionnent sur le sens de leur vie. C'est ainsi que nous préparons le terreau des suicides.
L'approche de l'an 2000 provoque des peurs. Ces peurs ont déjà entraîné des suicides et les experts américains estiment que, si on n'agit pas, cela va continuer. Même si ces peurs sont irraisonnées, il n'en demeure pas moins qu'elles sont bien réelles et qu'il faut essayer d'en limiter les dégâts.
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