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Semaine du 13 décembre 1999
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Faire de la médecine autrement (2e partie)
Faire de la médecine autrement (2e partie)

Pour lire la première partie de l'article, cliquez ici.

L'essentiel de la médecine tiendrait donc dans une bonne relation médecin-patient? N'en doutons pas un instant, le médecin a le pouvoir de réconforter. «Se faire dire la bonne parole, par le bon médecin au bon moment», voilà qui fait énormément pour soigner, soutient Philippe Picard. Appelons ça, la confiance. «Mais de nos jours, la médecine obéit à une logique d'usine : la production, ajoute Jean Gariépy. Le temps de parler et de rassurer, le médecin ne l'a pas. Il se sent au contraire contraint par la vitesse obligatoire.»

Un coup de pouce
Malgré la force du corps pour combattre seul la maladie, il est parfois utile de «donner un coup de pouce» à la nature, croit Philippe Picard. Une bonne parole, un encouragement, oui mais aussi des substances efficaces et non toxiques. «Il existe une zone que j'appelle «trous thérapeutiques», quand le cas est trop léger pour l'arsenal classique, par exemple. On ne va pas gaver d'antibiotiques tout l'hiver un gamin qui fait des otites à répétition ni le soumettre à l'épreuve de la chirurgie. C'est plus sage de stimuler son corps pour qu'il résiste mieux, ou encore pour qu'il s'autoguérisse. Voilà ce que les médecins ne peuvent pas faire, étant dépourvus des bons outils. C'est ici qu'entrent en scène les «autres» thérapeutes, qui obtiennent d'indéniables succès dans ce genre de cas, et dans tant d'autres - j'en ai vu de mes yeux! - d'où leur place tout à fait justifiée dans les moyens thérapeutiques. Si le médecin pouvait le faire, ce serait encore mieux.»

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L'effet placebo
«Les grands détracteurs de ces «autres» approches parlent d'effet placebo, ajoute Jean Gariépy. Or, tous les médecins apprennent à l'école le rôle fantastique de l'effet placebo, même avec des médicaments aussi puissants que la morphine. Croire aux vertus du médicament et de celui qui le prescrit, voilà qui est souvent suffisant pour guérir. Ce phénomène est connu, documenté, enseigné en faculté de médecine. Pourquoi alors l'accepter et le taire avec les médicaments classiques, et le dénoncer vigoureusement pour les autres approches?»

En cas de crise panique, le patient peut apprendre à respirer pour se contrôler, suivre une psychothérapie, se faire piquer chez un acupuncteur, avaler une préparation homéopathique ou, encore, une substance pharmaceutique chimique qui neutralisera immédiatement son mal moyennant peut-être des effets secondaires. Le médecin n'a hélas recours, règle générale, qu'à la dernière solution. «Le soignant a pourtant le devoir d'informer son patient sur les multiples avenues de traitement qui s'ouvrent à lui», soutient Philippe Picard, qui déplore le cantonnement de la médecine dans un scientisme obtus et la fermeture des autorités médicales à l'égard des autres approches.

La médecine s'en irait donc dans la mauvaise direction? «Elle devrait intégrer d'autres approches thérapeutiques actuellement étiquetées d'alternatives en gardant à la pharmacologie et à la chirurgie une place parmi d'autres, croit Jean Gariépy. Ce qui implique qu'elle aurait intérêt à privilégier une approche simple et humaine, plus axée sur la personne dans son ensemble que sur la maladie, la performance, la technologie et le dogmatisme.»


Guy Sabourin



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