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Les causes du
bégaiement
Mais d'où vient le bégaiement? Les croyances populaires ont la vie dure et on
croit encore que le bégaiement serait dû à un problème d'ordre psychologique, à
un traumatisme survenu dans l'enfance ou à une très grande timidité. Les écoles
de pensée de France et d'Amérique du Nord s'affrontent à ce propos. Qu'en est-il
exactement?
Selon Julie Fortier-Blanc, docteure en orthophonie et professeure à l'Université
de Montréal, «il est dommage que l'école française continue d'insister sur le
rôle de l'affectif dans l'apparition du bégaiement. Selon cette école, la
réaction des parents devant les accidents naturels de la parole du très jeune
enfant est déterminante. À trop vouloir corriger ces accidents, les parents
obtiendraient l'effet contraire et le bégaiement deviendrait un trouble
durable.»
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«Toujours selon cette école, poursuit-elle, de jeunes adultes se mettraient à
bégayer à la suite d'un choc émotionnel intense – la mort ou le divorce des
parents, un accident, un déménagement… Foutaise! Même si, encore aujourd'hui,
les causes véritables du bégaiement nous échappent, la génétique et la
neurophysiologie fournissent des pistes de plus en plus claires. La plupart des
chercheurs américains sont d'avis qu'une prédisposition d'ordre génétique est
souvent en cause. Des études récentes ont d'ailleurs démontré que les deux tiers
des jeunes enfants qui bégaient ont une histoire familiale de bégaiement. De son
côté, l'étude de la distribution du bégaiement à l'intérieur des familles de
personnes bègues montre qu'il s'agit d'une caractéristique probablement
attribuable à un gène dont on a hérité. »
Quatre garçons pour une fille
La prédisposition au bégaiement est une tendance que plusieurs personnes peuvent
avoir, mais qui ne se manifestera que si elle atteint un certain seuil. Julie
Fortier-Blanc précise: « Ce seuil serait plus élevé chez les filles, ce qui
explique en partie que quatre garçons pour une fille bégaient. La testostérone –
l'hormone mâle – pourrait être en cause. Selon les chercheurs Feshwind et
Galaburda, l'hémisphère gauche du cerveau, qui est consacré aux fonctions du
langage, se développe plus lentement que le droit. Il est donc exposé plus
longtemps aux effets de la testostérone, qui est particulièrement élevée chez le
fœtus masculin. »
D'autres chercheurs en sont venus à soupçonner des différences
neurophysiologiques entre bègues et non-bègues. Mme Fortier-Blanc poursuit: « En
1993, Moore a montré que les personnes bègues, en sollicitant leur hémisphère
droit plutôt que le gauche lorsqu'elles parlent, utilisent des stratégies moins
efficaces que celles des personnes non bègues. On évoque aussi la notion de “
surcharge ” pour le cerveau. Cette surcharge provient de différents facteurs
tels que l'émotion, la complexité linguistique de l'énoncé, l'importance
communicative de l'interaction, ainsi que les contraintes de l'environnement. La
personne bègue est plus vulnérable à cette surcharge, car ses processus
neurophysiologiques pour le traitement de tous les aspects de la parole sont
plus instables… Les recherches se poursuivent. Mais l'énorme complexité du
cerveau vient contrecarrer toute tentative de trouver une explication simple à
un problème de parole », conclut Julie Fortier-Blanc.
Qui dit parole dit complexité: élaboration du contenu du message, livraison de
ce message à l'aide du vocabulaire, de la voix, de l'articulation, du rythme,
analyse rapide des réactions de l'interlocuteur et réaction à ses réactions. Ce
travail se fait difficilement chez les personnes bègues: parler à quelqu'un
devient une épreuve – mais pas le fait de lire, de réciter un texte ou de
chanter. Parler à quelqu'un, c'est être en interaction: l'autre nous observe,
juge, analyse. C'est justement cela que craint souvent la personne bègue. Et
craignant de bégayer, elle bégaie encore plus. Voilà pourquoi certains bègues
préfèrent se taire plutôt que d'être la risée des autres. Voilà pourquoi aussi
il est indispensable que la personne bègue consulte afin de se donner des outils
qui l'aideront à maîtriser enfin son bégaiement.
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1- Maîtriser le
bégaiement, c'est possible!
2- Les causes du bégaiement
3- Le bégaiement entre 2
et 4 ans
4- Le cas d'Alexandre,
14 ans
5- Le cas de Patricia,
38 ans
6- Ressources
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