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Les taux de mortalité par cancer chez les deux sexes de même que les taux d'incidence du cancer chez les hommes ont chuté au cours des 15 dernières années, selon les statistiques sur le cancer publiées aujourd'hui par la Société canadienne du cancer. La Société prévoit d'ailleurs que nous devrions voir ces taux - incidence et mortalité - connaître d'autres baisses significatives dans l'avenir.
Depuis 1988, le taux global de mortalité par cancer a diminué de 12 % chez les Canadiens et de 3,1 % chez les Canadiennes. Si on exclut la mortalité consécutive au cancer du poumon chez les femmes, la baisse se situe à 13 %. (Le
taux de mortalité correspond au nombre de décès par 100 000 personnes.)
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Le taux global d'incidence chez les hommes a diminué de 4,2 % depuis 1988. En comparaison, le taux global d'incidence s'est accru de 3,5 % chez les femmes, et ce, en grande partie à cause des cancers du poumon et du sein.
Dans le futur, la réduction du tabagisme est la mesure préventive qui aura le plus d'impact sur le taux d'incidence du cancer (au Québec, le taux de tabagisme a fortement baissé au cours des dernières années; malgré tout, 1,5 million de Québécois fument toujours). Une saine alimentation, la pratique régulière d'une activité physique et le maintien d'un poids-santé sont également des habitudes qui contribueront à faire baisser le taux d'incidence du cancer. La réduction de l'exposition aux rayons du soleil et aux substances cancérogènes présentes dans l'environnement et dans les milieux de travail figure aussi parmi les mesures à favoriser.
« Toutefois, pour être efficace, la prévention doit aller au-delà de l'effort individuel », déclare Mme Nicole Magnan, directrice générale à la Société canadienne du cancer, division du Québec. « Les choix judicieux que les gens posent pour leur santé doivent être appuyés par des politiques gouvernementales de nature à créer une société saine dans un environnement sain. Nous entendons continuer à promouvoir l'adoption de telles politiques et continuerons à diffuser de l'information sur la prévention auprès de la population québécoise. »
Quelques données sur la diminution des taux d'incidence depuis 1988 pour certains sites de cancer
Chez les Canadiennes : estomac (35 %); col utérin (23 %); côlon et rectum (14 %); utérus (7 %); ovaires (4 %).
Chez les Canadiens : estomac (35 %); vessie (24 %); poumon (22 %); côlon et rectum (8 %).
Quelques données sur la diminution des taux de mortalité depuis 1988 pour certains sites de cancer
Chez les Canadiennes : estomac (33 %); col utérin (27 %); côlon et rectum (23 %); sein (19 %); utérus (8 %).
Chez les Canadiens : estomac (43 %); poumon (17 %); vessie (16 %); côlon et rectum (15 %); prostate (10 %).
Malgré ces bonnes nouvelles que révèle le rapport 2003, les défis qui restent à relever sont sans équivoque.
Parmi les hausses du taux d'incidence observées depuis 1988, on peut noter:
Chez les femmes : cancer du poumon (30 %); lymphome non hodgkinien (28 %); cancer du sein (10 %); mélanome malin (8 %).
Chez les hommes : cancer de la prostate (30 %); lymphome non hodgkinien (24 %); mélanome malin (18 %).
Les taux de mortalité pour certains de ces cancers ont également augmenté depuis 1988
Chez les femmes : cancer du poumon (46 %); lymphome non hodgkinien (26 %); mélanome malin (23 %).
Chez les hommes : mélanome malin (41 %); lymphome non hodgkinien (21 %).
L'autre enjeu réside dans le nombre croissant de nouveaux cas de cancer
« En raison du vieillissement et de l'augmentation de la population canadienne, nous pouvons prédire une augmentation des nouveaux cas de cancer, pouvant atteindre 70 % au cours des 15 prochaines années », précise Mme Magnan. « Pour contrer cette tendance, la Société canadienne du cancer a uni ses efforts à ceux d'autres groupes dédiés à la problématique du cancer pour former le regroupement
Coalition Priorité Cancer au Québec. Outre la prévention, la coalition mise sur la réponse adéquate du gouvernement aux besoins des personnes touchées par cette maladie et vise à faire du cancer une véritable priorité gouvernementale au Québec. »
À part l'accroissement des nouveaux cas de cancer, la Société canadienne du cancer a d'autres défis à relever, tout particulièrement les cancers du sein et de la prostate, et le cancer du poumon chez les femmes.
« Ces cancers représentent un lourd fardeau pour la population québécoise », déclare le Dr Marc David, radio-oncologue et conseiller médical auprès de la Société canadienne du cancer, division du Québec. « Bien que les taux de mortalité du cancer du sein et de la prostate soient en chute, les taux d'incidence, eux, augmentent. Cette hausse est due, en partie, au fait que nous avons intensifié le dépistage, mais cela n'explique pas tout. Nous nous préoccupons également de l'augmentation des taux d'incidence et de mortalité du lymphome non hodgkinien, du mélanome malin et du cancer de la thyroïde. La recherche devrait nous fournir la clé de ces maladies. Lorsque nous en saurons davantage sur les causes de ces cancers, nous serons mieux outillés pour tenter de les prévenir et pour élaborer des traitements plus efficaces. »
Le Dr David ajoute que « la recherche nous permet de découvrir comment prévenir le cancer. Elle nous aide aussi à trouver des moyens de détecter la maladie encore plus rapidement et à raffiner les traitements, ce qui se traduit par une meilleure espérance (et qualité) de vie pour les personnes vivant avec le cancer. La recherche est la pierre angulaire des progrès accomplis et elle est le gage de nos victoires futures. »
Les Statistiques canadiennes sur le cancer 2003 sont compilées, imprimées et distribuées grâce à la collaboration de la Société canadienne du cancer et de son partenaire scientifique, l'Institut national du cancer du Canada, de Santé Canada, de Statistique Canada, des registres provinciaux et territoriaux du cancer ainsi que des chercheurs rattachés aux universités ou aux organismes provinciaux et territoriaux de lutte contre le cancer.
Source :
Société canadienne du cancer
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