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Les implants mammaires sont-ils vraiment dangereux?
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Hémorragie interne, douleur chronique, nécrose du mamelon, infections diverses, cancer... La liste des problèmes de santé associés à l'implantation de prothèses mammaires donne froid dans le dos et n'a cessé de s'allonger au cours des dernières années.
Voilà pourtant qu'un comité scientifique de l'Institut de médecine américain réfute tout lien de cause à effet entre l'implantation de prothèses mammaires et l'apparition de maladies graves, comme le cancer et les diverses affections neurologiques. Selon le comité, il n'existerait en effet aucune preuve scientifique voulant que la silicone contenue dans les prothèses mammaires puisse s'avérer toxique pour l'être humain.
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Nuance de taille, le rapport de 300 pages reconnaît l'existence de sérieux problèmes de santé localisés suite à l'implantation, tels que des infections dues à des fuites ou à une rupture des prothèses. De nombreuses études ont en effet exposé les risques associés à l'implantation de prothèses mammaires, dont certaines ont été publiées dans le prestigieux British Medical Journal.
Plusieurs poursuites ont d'ailleurs été engagées en 1997 contre des fabricants de prothèses mammaires afin de dédommager les victimes. Dow Corning, une filiale de Dow Chemicals Co., a dû verser 3,2 milliards de dollars à un regroupement de femmes affirmant que l'implantation de prothèses les avait rendues gravement malades. Au Québec, le groupe Option Consommateurs, l'ancienne Acef-Centre, chef de file dans ce dossier, a remporté une importante victoire juridique contre la compagnie Bristol-Myers Squibb.
L'annonce du rapport - qui fera d'ailleurs l'objet d'une publication spéciale - ne fait donc pas que des heureux. Il a, on s'en doute, créé tout un émoi chez les plaignantes. Au cours de l'enquête, des accusations de conflits d'intérêts avaient été portées sur la place publique : un des membres du comité scientifique, Peter Tugwell, rhumatologue à l'Université d'Ottawa, avait été accusé d'entretenir des liens étroits avec un fabricant de prothèses. De quoi remettre en question la neutralité du comité en question...
Et pourtant, il y a déjà un bon moment que cette étude est sur la place publique, et ses conclusions n'ont toujours pas été remises en question par d'autres scientifiques. C'est en effet le 30 novembre que le rapport du comité, fruit d'une enquête d'un an, avait été déposé. Et immédiatement, les experts avaient souligné combien ses conclusions étaient «dévastatrices» pour les plaignantes engagées dans des poursuites contre les fabricants d'implants mammaires. Tandis que, pour ces fabricants, il constituait un véritable cadeau de Noël. Dow Corning, ironiquement, avait proposé quelques semaines plus tôt de régler à l'amiable cette poursuite pour... 3,2 milliards $ US. La poursuite, de même que les chercheurs qui l'appuient, disent attendre, l'an prochain, les résultats d'une autre enquête menée auprès de 17 000 femmes et financée par le National Cancer Institute.
Agence Science-Presse
À lire aussi:
Les implants mammaires (1re partie) : où en sommes-nous avec la silicone?
Les implants mammaires (2e partie) : quels sont les risques d'une intervention chirurgicale?
Les implants mammaires (3e partie) : quels sont les risques d'une intervention chirurgicale?
Les implants mammaires (4e partie) : le suivi médical
Pour en savoir davantage, consultez le rapport susmentionné (angl.) ainsi que les poursuites engagées contre les fabricants (angl.).
Pour consulter le site Option consommateurs, cliquez ici.
Si l'article sur la neutralité du comité (angl.) vous intéresse, cliquez ici.
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