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Santé des jeunes

Semaine du 18 septembre
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La grossesse chez l'adolescente (2e partie)
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Pour lire la première partie du texte, cliquez ici.

Sur le plan social, l'avenir de ces jeunes change de trajectoire. Dans le cas où la fille quitte sa famille, elle aura de nouveaux besoins financiers, de logement, d'emploi, etc. Faute d'argent et d'emploi, les chances qu'elle se tourne vers l'aide sociale sont grandes. Pour le garçon qui s'implique, celui-ci verra la nécessité de se trouver du travail, ce qui occasionnera, pour lui aussi, la fin probable de ses études. Plusieurs de ces jeunes, qui ont grandi dans des milieux socio-économiques défavorisés, éprouvent plus de difficultés à s'adapter à leur nouveau rôle de parent et l'enfant risque davantage d'être victime de négligence et d'abus. Pour leur part, les adolescentes issues de milieux plus favorisés optent davantage pour l'avortement. À l'inverse, celles qui proviennent de milieux socio-économiques pauvres décident généralement de poursuivre leur grossesse.*

Le rôle parental des adolescents entraîne parfois d'importantes modifications au niveau des relations avec les membres de leur famille. Les relations familiales deviennent souvent tendues et sont même parfois momentanément rompues. Dans certains cas, la famille rejette catégoriquement l'adolescent, le laissant seul avec sa responsabilité parentale. Dans d'autres cas, des conflits au sujet de l'éducation de l'enfant peuvent émerger entre la fille et sa mère.

Certains facteurs peuvent expliquer qu'une adolescente devienne enceinte lorsqu'elle ne le désire pas. Une étude réalisée par Michel Perreault et coll. (1993) souligne clairement que les adolescentes qui présentent moins d'habiletés personnelles (communication, prise de discussion, image de soi) ont davantage un comportement contraceptif inadéquat. Dans son rapport de recherche sur la grossesse chez les adolescentes en internat, Hélène Manseau (1997) identifie deux obstacles majeurs à considérer lorsqu'il est question de prévention des grossesses : le sentiment d'infertilité que ressentent les filles et la confiance qu'elles ont envers leur partenaire amoureux, les amenant ainsi à ne pas utiliser de contraceptif. Parmi les vingt adolescentes rencontrées lors de cette étude, sept filles affirment qu'elles se croyaient incapables de devenir enceintes et cinq autres ont cessé de se protéger lorsqu'elles sont tombées en amour ou lorsqu'elles ont senti leur relation plus stable. Les grossesses à l'adolescence peuvent aussi être associées à d'autres facteurs tels que la pensée magique des adolescentes (ça n'arrive qu'aux autres) et au désir inconscient d'enfanter, qui découle souvent de carences ou de déficits psychologiques, affectifs ou relationnels.

Par ailleurs, les jeunes filles, chez qui on trouve un désir conscient d'avoir un enfant, sont assez nombreuses (Charbonneau, 1987). Pour certaines, la grossesse peut devenir une source d'espoir d'un changement de vie ou de rupture avec un passé difficile. Le bébé vient parfois combler un besoin d'amour, un désir de donner ce qu'on n'a pas reçu.

Être parent permet à certaines d'acquérir un statut apportant une valorisation et une reconnaissance sociale. En quelque sorte, la grossesse peut devenir une stratégie d'adaptation afin d'être enfin «quelqu'un». Considérer la grossesse à l'adolescence comme une stratégie d'adaptation, plutôt que comme un signe d'immaturité affective, permet d'avoir une vision plus nuancée de la perspective de l'adolescente en tenant compte de ses conditions de vie, et ce, sans porter de jugement négatif sur l'individu (Manseau, 1997).

* Tiré de Mère à 16 ans! par Marie-Claude Bourdon. - Coup de pouce, vol. 13., no 3, mai 1996, p. 120 à 125.

Lise Durocher
Les Centres jeunesse de Montréal


Martine Fortier
Direction de la santé publique de Montréal-Centre



Pour obtenir une copie intégrale du Programme d'éducation sexuelle, contactez la bibliothèque des Centres jeunesse de Montréal au (514) 896-3396.

 

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