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Santé des jeunes

Semaine du 18 décembre 2000
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Déficit de l'attention et hyperactivité (3e partie)
L'utilisation du Ritalin

Quand nous parlons de médication en matière de trouble de déficit de l'attention/hyperactivité (TDAH), nous nous référons principalement au méthylphénidate, plus connu sous la marque de commerce « Ritalin », un membre de la famille des psychostimulants (et non de celle des tranquillisants). Sans que nous puissions expliquer avec précision son mécanisme d'action, ce médicament semble agir sur le système nerveux central comme neurotransmetteur, en bloquant ou en facilitant la communication entre les cellules nerveuses, en stimulant les centres responsables de l'éveil et en régularisant l'activité de certains secteurs du cerveau.

Mode d'action et dosage de la médication
Le Ritalin se présente sous la forme d'un petit comprimé rond, vert pâle (10 mg) et violet pâle (20 mg). Il peut être coupé en deux, selon le dosage prescrit. La première dose est administrée le plus tard possible avant le début des classes, l'effet apparaissant 20 à 30 minutes après son ingestion. Elle agit pendant quatre heures environ et est éliminée du système après 12 heures. L'effet sur l'attention diminue progressivement après trois heures et demie, plus rapidement encore si l'on considère l'agitation motrice. Une deuxième dose est donnée avec le repas du midi, puis une troisième vers 15 h 30, au besoin et selon le cas.

Plusieurs enfants en prennent seulement les jours de semaine ; l'organisme peut ainsi profiter d'une pause (par rapport aux effets secondaires). D'autres enfants en consomment de façon continue (semaine et fin de semaine). Cela procure à l'enfant une impression de stabilité accrue et amène les parents à reconnaître que les apprentissages se font tant à la maison qu'à l'école, et que la socialisation constitue un élément important des apprentissages que l'enfant aura à réaliser. La décision de prescrire le Ritalin de façon continue ou non dépend de la situation de chaque enfant, de chaque famille et de la sévérité du trouble. Le dosage se détermine théoriquement à partir du poids. En pratique, chaque cas est examiné de façon individuelle, le principe consistant à prescrire la plus petite dose efficace, sans dépasser 60 mg par jour.

Le Ritalin SR, dit à désintégration lente (slow release), est un comprimé blanc de 20 mg. Administré une seule fois, au début de la journée, il peut contribuer à diminuer l'agitation importante observée lors du dîner chez certains enfants atteints du TDAH. Il peut aussi aider à réduire les discussions reliées à la prise de médicament et régler ainsi le problème vécu par plusieurs enfants qui doivent se médicamenter à l'école. Sa durée d'action est de huit heures et son efficacité, inférieure à celle du Ritalin à effet ordinaire. Fait à noter, des substituts du Ritalin existent. Attrayants par leur coût moindre, ils seraient toutefois moins efficaces.

Effets de la médication
Le Ritalin accroît l'attention et la concentration de l'enfant, diminue son agitation motrice et augmente le contrôle de son impulsivité. Par conséquent, il peut aussi agir sur la mémoire, la coordination motrice, la calligraphie, les relations avec les pairs (réduction des comportements agressifs notamment), la production ainsi que la qualité du travail scolaire et, enfin, sur les réactions aux demandes des adultes à l'école. Le Ritalin n'agit pas directement sur les habiletés sociales, le comportement et les difficultés d'apprentissage. Toutefois, il permet de rendre les approches habituellement utilisées plus efficaces.

Le Ritalin serait efficace pour environ 75 % des enfants TDAH. Il semble que ce pourcentage soit supérieur pour les enfants plus jeunes, pour ceux qui ne présentent pas de problèmes affectifs (dépression ou anxiété, par exemple) et pour ceux qui vivent une relation harmonieuse avec leurs parents. Certains spécialistes jugent que la médication peut être efficace dans tous les cas, l'efficacité reposant sur le dosage.

Effets secondaires
Variables selon les individus, les effets secondaires sont surtout observés durant les deux premières semaines : perte d'appétit dans 50 % des cas, nausées, maux de tête. Ils sont souvent associés à un dosage inadéquat, parfois à une mauvaise réponse de l'organisme. Dans ce cas, des équivalents du Ritalin comme le Cylert et la Dexédrine peuvent être prescrits. Malheureusement, ces substituts sont souvent moins efficaces.

L'insomnie, un autre effet secondaire du Ritalin, est aussi observée chez beaucoup d'enfants hyperactifs qui ne sont pas sous médication. On peut aussi noter des changements d'humeur, qui se manifestent par des pleurs, de l'instabilité et de l'anxiété. Les tics, contrairement à la croyance populaire, affecteraient seulement 1 % des cas. Quant à l'état « zombi », souvent dénoncé par la contre-publicité, il résulterait d'un surdosage.

Enfin, un ralentissement de la croissance est constaté chez bon nombre d'enfants traités aux psychostimulants. En effet, lorsque le médicament cause une perte d'appétit, il interfère probablement sur l'hormone de croissance. Ce problème est atténué du fait qu'une reprise de la croissance est toujours observée durant l'été ou lorsque le traitement est définitivement terminé.

Sources:
Article de Marius Morin M.A., psychologue à la Commission scolaire du Lac Mégantic. Publié dans le Bulletin de liaison de l'AQPS.

Article de Charles Robitaille, Ph. D., psychologue au Centre psychopédagogique de Québec et à la clinique des déficits de l'attention et de l'hyperactivité.

À lire aussi:
Déficit de l'attention et hyperactivité (1re partie) : comment reconnaître les symptômes?
Déficit de l'attention et hyperactivité (2e partie) : la médication suffit-elle?


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