C'est ce qu'indique une nouvelle étude de l'Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine publiée dans l'édition de mai du British Journal of Psychiatry.

La sécurité du foetus

La professeure de la Faculté de pharmacie et chercheuse Anick Bérard et son équipe ont découvert que les antidépresseurs n'ont pas d'effet sur le développement du fœtus. «Il s'agit de la première étude portant sur l'effet de la prise d'antidépresseurs pendant le premier trimestre de grossesse sur le risque de malformations congénitales dans la population de femmes atteintes de troubles santé mental», a-t-elle affirmé.

En ce qui concerne les malformations à la naissance chez cette population, aucune différence n'a été trouvée entre les femmes qui utilisaient des antidépresseurs et celles qui n'en utilisaient pas pendant leur premier trimestre de grossesse.

Trouble mental chez les mères
L'équipe de recherche a utilisé des données du Registre québécois des grossesses, établi par l'équipe de la professeure Bérard, pour analyser les dossiers de 2 329 nouvelles mères auxquelles on a diagnostiqué un trouble mental et qui prenaient des antidépresseurs depuis au moins 30 jours avant d'être enceintes.

On a aussi inclu dans le Registre les femmes qui ont accouché d'enfants vivants à la naissance ou morts-nés, alors qu'on a tenu compte de toutes les anomalies congénitales, des malformations du visage aux anomalies cardiaques.

«On n'a pas associé la durée de l'utilisation des antidépresseurs pendant le premier trimestre de grossesse à un risque accru de malformations à la naissance, a expliqué la professeure Bérard. Nous espérons que ces résultats aideront les cliniciens et les femmes à décider de poursuivre la thérapie aux antidépresseurs pendant la grossesse ou non.»

Partenaires de recherche
Cette étude a été financée par le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ), le Réseau québécois de recherche sur l'usage des médicaments et le Network for the Wellbeing of Children.