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Le désir de changer de tête ou d'allure est rarement banal. Il traduit souvent une transformation profonde, consciente ou inconsciente. Que cachent donc vos coups de tête?
Qui n'a pas déjà modifié son apparence (ne serait-ce qu'avec un maquillage élaboré) pour assister à un mariage ou à une fête ? Et qui résiste à une nouvelle tête lorsque se pointe le printemps ? Ces transformations, mêmes minimes, nous remontent le moral, nous énergisent
et nous font sentir plus séduisante. C'est déjà pas mal!
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Reste que certaines modifications se révèlent moins anodines que d'autres. Et si on ressent le besoin irrépressible d'un changement physique, c'est sans doute qu'un grand vent de remise en question souffle en nous.
Miroir, dis-moi qui je suis...
«Le désir de changement correspond fréquemment à une période de transition - la trentaine ou la quarantaine - ou à un événement précis - divorce, perte d'un emploi, nouveau chum - qui nous incite à une prise de conscience, à une remise en question ou à un besoin de renouveau, souligne la psychologue Francesca Sicuro. Bref, un nouveau look est très souvent lié à un cheminement intérieur, conscient ou non.»
Richard Cosentino, coiffeur et propriétaire du Salon Noir, l'a maintes fois constaté. Car, aussi étrange que cela puisse paraître, l'envie de modifier son allure au moment des grands virages de la vie commence très souvent par une visite chez le coiffeur. «Lorsqu'une cliente réclame un changement total de coiffure ou de couleur, c'est généralement parce qu'elle entame une nouvelle étape dans sa vie. Je me rappelle cette cliente qui portait les cheveux très longs. Ils étaient abîmés, mais elle refusait de les faire couper court. Un jour, après avoir perdu son emploi, elle s'est décidée. Son nouveau look lui allait à ravir. D'autres métamorphoses sont liées à de nouvelles habitudes de vie. Celles qui décident de se mettre au sport ou à l'activité physique, par exemple, adoptent presque automatiquement une coupe plus courte, plus dynamique... comme elles. D'autres encore exigent une modification radicale après une rupture amoureuse, comme si elles voulaient couper avec leur passé. C'est une façon de se reprendre en main.»
Michèle, 35 ans, est sans aucun doute la reine de la métamorphose. En l'espace de quelques mois, cette passionnée d'informatique a changé la couleur de ses cheveux à plus d'une reprise - passant de brune à blonde puis à rousse -, abandonné ses tailleurs chics pour le style ultrasportif et subi une augmentation mammaire. Ouf! Il y a deux ans, Michèle était à un tournant de sa vie. «Je venais de me séparer, confie-t-elle. Je vivais ça comme une défaite personnelle, pire, comme un rejet. Je ne m'aimais plus. Alors, j'ai voulu changer, devenir une autre Michèle. Évidemment, c'était utopique. Cette constatation m'a amenée à consulter un psychologue. Par contre, mes grands changements physiques n'ont pas été vains puisque j'ai découvert que l'allure «professeur» que j'avais adoptée à la fin de mes études ne correspondait pas à ce que j'étais réellement. À présent, j'aime bien mes cheveux cuivrés et mon look plus relax. Je me sens beaucoup plus attirante, plus vivante aussi. Alors, j'entre facilement en relation avec les autres, ce qui n'était pas le cas auparavant.»
Pas surprenant : une image corporelle harmonieuse témoigne d'un certain équilibre intérieur. «La métamorphose physique est souvent le symbole concret de ce qu'on vit intérieurement, explique Francesca Sicuro. On recherche d'instinct une harmonie entre ce qu'on ressent et ce qu'on projette. Une personne heureuse et bien dans sa peau dégage la confiance et la joie de vivre. Elle adopte naturellement des vêtements, un maquillage et une coiffure qui la font se sentir à l'aise et séduisante. Une preuve concrète : après une psychothérapie, plusieurs femmes modifient instinctivement leur apparence. Raison plus terre à terre de nos transformations : nos humeurs. Karine, une styliste de 30 ans, transforme régulièrement son allure. «Je prends un plaisir fou à changer de tête et de style vestimentaire, puis à jongler avec les cosmétiques. Pas tous les jours, mais souvent, au fil de mes coups de foudre et de mes émotions. Quand je suis heureuse, ça se répercute sur mon allure générale. Je porte des vêtements colorés, flamboyants, et ma coiffure est éclatée. Mon bonheur paraît même dans mon comportement. Je suis plus expansive. En revanche, quand je suis au neutre, je ressors mes robes sages et j'attache mes cheveux. C'est une amie qui m'a fait remarquer cet étrange rituel.»
Les personnes malheureuses, mal dans leur peau, ont quant à elles souvent tendance à «camoufler» leurs émotions sous une apparence fade. Ou, au contraire, elles passent d'une métamorphose à l'autre, sans aucune satisfaction toutefois, quand elles ne modifient pas leur allure pour répondre aux critères des autres et non pour leur propre plaisir. «C'est le résultat d'une faible estime de soi, d'une grande insécurité et d'un malaise profond, estime Mme Sicuro. Car il ne suffit pas de changer d'allure pour adopter une autre personnalité. Il faut d'abord découvrir l'origine de son mal-être.»
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1- Que cachent les changements de look? et Miroir, dis-moi qui je suis...
2- Rester dans la course et La peur du changement
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