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Semaine du 22 janvier 2001
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L'hystérectomie (2e partie)
Pourquoi procède-t-on à l'ablation de l'utérus?

Pour lire la première partie du texte, cliquez ici.

Quand doit-on procéder à une hystérectomie?
Dans la majorité des cas (80 à 90 %), l'hystérectomie est pratiquée pour le traitement de conditions bénignes comme les fibromes utérins , qui sont la cause de 30 % de toutes les hystérectomies. Viennent ensuite, dans l'ordre, les saignements excessifs (20 %), l'endométriose (20 %), le prolapsus utérin (15 %), les douleurs pelviennes chroniques (10 %) et l'hyperplasie de l'endomètre (6 %). Dans les autres cas, l'hystérectomie est effectuée pour des cancers gynécologiques (5 %), des infections pelviennes (2 %) ou des complications de la grossesse (1 %).

Les fibromes utérins
Les fibromes utérins sont des masses de tissu fibreux dont la grosseur peut varier de quelques millimètres à plusieurs centimètres et que l'on retrouve chez près de 30 % des femmes en âge de procréer. Selon leur grosseur et leur localisation, ils peuvent ne présenter aucun symptôme ou au contraire, provoquer des douleurs abdominales, des douleurs lors des relations sexuelles et des saignements abondants pouvant conduire à l'anémie. Lorsque les fibromes sont asymptomatiques, ils ne nécessitent habituellement pas de traitement.

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Les saignements excessifs
À partir de 40 ans, la plupart des femmes connaîtront un ou des épisodes de saignements excessifs, généralement dus à un déséquilibre hormonal. D'autres facteurs, comme les tumeurs utérines bénignes, les fibromes, les polypes, les infections pelviennes et l'endométriose, peuvent aussi provoquer des saignements abondants. Lorsque les saignements persistent, ils peuvent entraîner de la fatigue et de l'anémie. On estime que 20 % des hystérectomies sont pratiquées pour le traitement de saignements excessifs.

L'endométriose
L'endomètre est une couche de tissu qui tapisse l'utérus et qui est normalement éliminé pendant les règles. Lorsque ce tissu se retrouve en dehors de l'utérus, il s'agit d'une maladie gynécologique que l'on appelle endométriose. L'endomètre peut alors recouvrir les ovaires, les trompes de Fallope, les attaches de l'utérus et s'étendre même à la vessie, l'intestin et le vagin. L'endométriose provoque des douleurs progressives avant, pendant et après les menstruations, des douleurs pendant les relations sexuelles et elle entraîne parfois des règles abondantes ou irrégulières. L'endométriose est aussi la principale cause d'infertilité chez les femmes.

Le prolapsus utérin
Le prolapsus utérin consiste en la descente de l'utérus dans le vagin à cause de la faiblesse des ligaments qui le soutiennent. Le prolapsus provoque une sensation de pression dans la région pelvienne et est souvent accompagné d'incontinence urinaire. Le prolapsus utérin est la condition pour laquelle on a le plus recours à l'hystérectomie par voie vaginale.

Les douleurs pelviennes chroniques
Les douleurs pelviennes chroniques peuvent provenir de l'utérus ou des ovaires, mais ce n'est pas le cas pour toutes les douleurs pelviennes. Avant de procéder à une hystérectomie, l'origine des douleurs doit être soigneusement évaluée.

L'hyperplasie de l'endomètre
L'hyperplasie consiste en un épaississement de l'endomètre que l'on attribue à un excès d'ostrogène. L'hyperplasie cause des saignements excessifs et est parfois considérée comme une condition précancéreuse, surtout chez les femmes ménopausées ou à l'approche de la ménopause.

Les cancers gynécologiques
Le cancer peut affecter l'utérus, le col de l'utérus, les ovaires et les trompes de Fallope. On estime que 2 à 3 % des femmes développeront un cancer de l'utérus, le type le plus fréquent de cancer génital. Suivent ensuite le cancer des ovaires et le cancer du col de l'utérus. Le cancer des trompes de Fallope est très rare.

Les infections pelviennes
Les infections pelviennes peuvent affecter aussi bien l'utérus, les ovaires et les trompes de Fallope. Ce type d'infection est généralement causé par une maladie transmise sexuellement, mais peut aussi provenir d'un dispositif intra-utérin, comme le stérilet, ou se manifester à la suite d'un accouchement ou d'un avortement.

Les complications de la grossesse
Dans de rares cas, certaines complications, comme un saignement anormal de l'utérus après un accouchement, peuvent nécessiter le recours à l'hystérectomie.

Les conséquences de l'hystérectomie
Après l'ablation de l'utérus, les règles cessent et la grossesse n'est plus possible. Cependant, lorsque l'opération ne touche que l'utérus, la production des hormones par les ovaires s'effectue normalement. Lorsque les ovaires ont aussi été enlevés, la condition est la même qu'en cas de ménopause, et on devra probablement prendre un médicament pour remplacer l'ostrogène qui n'est plus produit par les ovaires. Pour certaines femmes, l'hystérectomie a des conséquences émotionnelles, l'ablation de l'utérus étant perçue comme une perte de la féminité et de la sexualité. En principe, la vie sexuelle ne devrait pas être perturbée après une hystérectomie. On conseille cependant d'attendre 4 à 6 semaines après l'opération avant de reprendre les relations sexuelles. Lorsque les ovaires ont été enlevés, on peut ressentir une baisse de libido semblable à celle que l'on ressent à la ménopause. La prise de médicaments devrait cependant corriger le problème.

Les alternatives à l'hystérectomie
Depuis quelques années, plusieurs alternatives à l'hystérectomie sont offertes pour le traitement de certaines conditions bénignes, notamment dans les cas de fibromes, de saignements excessifs et d'endométriose. Le traitement hormonal, l'embolisation de l'artère utérine, certaines opérations chirurgicales moins invasives, comme l'ablation de l'endomètre ou l'exérèse des fibromes, peuvent parfois éviter l'hystérectomie. Il est donc important de discuter avec son médecin des différents traitements qui sont maintenant disponibles.

Marie-Christine Tremblay



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