Pendant qu’une jeune femme travaille à fabriquer un oeuf, un garçon produit en série ses spermatozoïdes. C’est comme ça la conception humaine: il faut être deux pour danser… et pour faire un bébé! Voyons comment ça se passe du côté des garçons.
C'est l'histoire d'un spermatozoïde. Dans le ventre de sa mère, vers sept semaines de gestation, l'embryon du petit garçon commence déjà à développer, dans ses testicules, ses propres cellules reproductives, mais c'est un travail qui sera interrompu à la naissance, pour reprendre à la puberté. Si son appareil génital est en bon état, monsieur pourra donc produire des spermatozoïdes jusqu'à sa mort... et à 75 ans, poser encore torse nu avec son poupon dans ses bras pour des pubs d'assouplisseur!
Des centaines de millions de spermatos!
Dans les testicules, il faut environ 74 jours pour que les cellules souches, les spermatogonies, se transforment par divisions successives en spermatocytes puis par différentiation, en spermatides, la cellule qui contient le bagage génétique (23 chromosomes) que papa va transmettre à bébé.
Il ne reste plus qu'une dernière étape, la spermatogénèse, au cours de laquelle se forme le flagelle (la queue qui sert de propulseur), pour avoir un beau spermatozoïde tout neuf.
Contents de leur chef-d'oeuvre, les testicules décident d'inonder littéralement le marché: ils en sortent chaque jour des centaines de millions d'exemplaires. Un seul trouvera preneur, s'il y a un preneur.
Le spermatozoïde devient fécondant
Les modèles de spermatozoïde sont transférés du testicule à l'épididyme pour un séjour de deux à trois semaines, une sorte de mise à l'épreuve que tous les spermatozoïdes ne réussissent pas.
L'épididyme, au fait, c'est une grosse virgule posée sur le testicule, et parcourue d'un canal entortillé de 5 mètres de long. Dans l'épididyme, le spermatozoïde subit encore quelques transformations: il se condense, il acquiert sa mobilité, mais il ne se déplace pas encore tout seul. Comme dans un lave-auto, une sorte de tapis roulant le conduit jusqu'à la tête de l'épididyme, où il devient fécondant, c'est-à-dire où il acquiert la capacité de percer l'ovule. Là, enfin, il attend sagement que le désir sexuel de monsieur s'empare de toute la bastringue.
Si monsieur reste sage et pense à autre chose, le spermatozoïde, victime innocente, meurt de vieillesse avant le grand rendez-vous de sa vie, et se fait dévorer par les spermiophages, pour laisser la place à la génération suivante.


