L'obésité chez les jeunes ne cesse de grimper. Au banc des accusés: malbouffe et sédentarité. Comment les aider à améliorer leur santé?
Les jeunes prennent du poids... comme le reste de la société. «Même les gens qui ont un poids moyen sont plus gros qu'auparavant», note Lyne Mongeau, conseillère scientifique à l'Institut national de santé publique du Québec. C'est le même problème partout sur la planète, au point où l'Organisation mondiale de la santé conclut à une épidémie! On dit que l'embonpoint chez les jeunes a doublé au cours des 20 dernières années, que l'obésité a plus que triplé et progresse toujours.
Sédentarité et taille des portions
Au banc des accusés: la sédentarité, l'abondance de nourriture riche, la taille des portions - bien des restos assoient leur notoriété sur la quantité. Sans compter, bien sûr, que certains jeunes sont génétiquement plus prédisposés que d'autres à prendre du poids.
«Notre mode de vie a changé», explique Lyne Mongeau. Depuis que les mères travaillent à l'extérieur, la structure domestique des foyers s'est transformée sans vraiment se redéfinir. On a de moins en moins le temps de cuisiner, les horaires ont éclaté, et le prêt-à-manger, souvent gorgé de sucre, de gras et de sel, se multiplie. Les jeunes arrivent de l'école et se servent. Ils n'attendent pas toujours l'heure des repas, qui ne se prennent plus nécessairement en famille.
Bref, les jeunes ont désormais un accès quasi illimité à la nourriture. Et pas qu'à la maison. Ils vont louer un film et se bourrent les poches de croustilles et de sucreries. Les cinémas leur offrent maïs soufflé, nachos dégoulinants de fromage et boissons dans un format capable d'abreuver une famille entière.
Les conséquences de l'obésité
La santé des enfants obèses est menacée dès leur plus jeune âge, indiquait une étude américaine publiée le New England Journal of Medicine. Les chercheurs de l'école de médecine de l'Université Yale montrent en effet que le syndrome métabolique qui prédispose au diabète ou à une maladie cardiovasculaire est plus fréquent qu'on ne pensait chez les enfants et les adolescents obèses, et qu'il augmente en fonction du degré d'obésité. Le diabète de type 2, qu'on croyait une maladie d'adultes, atteint des jeunes et des enfants qui ont des surplus de poids, ce qu'on ne voyait pas avant.
Et à long terme? Ces jeunes risquent de souffrir d'hypercholestérolémie, d'hypertension et de maladie cardiovasculaire. Leur espérance de vie est hypothéquée.
On se soucie également des «conséquences psychosociales du surplus de poids», ajoute Lyne Mongeau. Les jeunes qui sont gros ont une piètre image d'eux-mêmes et sont dénigrés par les autres. Certains sont victimes d'intimidation et de rejet à l'école. «On parle rarement des préjugés à l'égard de l'obésité, or c'est dramatique d'être gros dans une société qui glorifie la minceur.»


