Le divorce constitue-t-il un facteur de risque pour le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et pour une ordonnance de Ritalin?
Selon une étude récente menée auprès de familles représentatives de la population canadienne, 6,1% des enfants qui ont vécu le divorce de leurs parents se sont vu prescrire du méthylphénidate (mieux connu sous le nom de Ritalin®) comparé à 3,3% des enfants qui n'ont pas été impliqués dans une telle expérience.
D'après ces chiffres, la réponse à cette question est oui, mais plusieurs explications sont possibles.
Le stress occasionné par un divorce peut avoir augmenté les problèmes de comportement d'un enfant déjà hyperactif au point où le recours à une médication sera jugé nécessaire. Sans compter que l'hyperactivité de l'enfant peut avoir contribué au divorce des parents. Les changements de comportement de l'enfant peuvent refléter tout simplement ses réactions au divorce de ses parents: dans ce cas, le diagnostic de déficit d'attention et d'hyperactivité pourrait être erroné, et la prescription de méthylphénidate, non pertinente.
Le divorce, révélateur d'une trouble existant?
Des parents en cours de divorce se préoccupent naturellement de l'impact que peut avoir ce bouleversement sur leur enfant. Ainsi, on s'intéresse davantage au comportement de celui-ci et on consulte davantage les professionnels de la santé: c'est peut-être ce qui permet de mettre en lumière un problème déjà présent. Dans le contexte de la tendance familiale de l'hyperactivité, il est possible qu'un des parents ou les deux en souffrent, ce qui augmente la probabilité qu'ils divorcent. Toutes ces réponses contiennent sans doute une part de vérité, mais bien d'autres études seront nécessaires avant d'en arriver à des conclusions définitives. Il importe cependant de retenir que la très grande majorité des enfants ayant vécu le divorce de leurs parents ne prennent pas de méthylphénidate.


