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Vous allez dans une discothèque
avec des amies. Au bout d'un certain temps, la plus sage d'entre
vous se transforme en grande séductrice. Qu'est-ce qui la fait
agir ainsi? Serait-ce l'alcool?
Il existe plusieurs clichés quant à l'effet de l'alcool sur
la sexualité : prendre un verre rendrait les gens plus
communicatifs, plus ouverts, plus détendus; sexuellement, on
serait plus à l'aise pour répondre aux stimulations sexuelles;
ce serait plus facile de se laisser aller. Doit-on se fier à ces
idées toutes faites?
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Se débarrasser de ses inhibitions
Toutes, nous avons eu certaines inhibitions, certains
blocages. Ces inhibitions se manifestent par des petites phrases
qui nous viennent à la tête comme : «Je ne dois pas»,
«Je ne peux pas», «Qu'est-ce qu'il va penser de moi?»,
«De quoi aurais-je l'air?». Nous nous retirons alors en
nous-même, nous perdons notre spontanéité et nous fuyons le
contact de l'autre. En sexualité, nos inhibitions sont très
nombreuses et difficiles à déloger. Nous osons peu parler de nos
craintes, qui d'ailleurs sont mal fondées en général.
L'alcool, consommé à faible dose, vient ébranler nos
interdits car il agit directement sur le système nerveux. Il agit
comme stimulant et s'attaque à nos peurs et à nos angoisses.
Les interdits reliés à la séduction et à l'intimité sont
les plus ébranlés. Nous nous donnons davantage de permission,
nous acceptons plus facilement de parler de nous, de nous
dévoiler, nous avons moins peur du contact de l'autre. C'est
un peu comme si notre petite voix intérieure nous disait :
«Mais oui, vas-y, tu es capable. N'aie pas peur, laisse-toi
aller.»
Généralement, un verre ou deux suffisent pour relaxer. Il faut
donc faire attention de ne pas dépasser cette limite; nous
pourrions alors poser des gestes que nous risquons de regretter le
lendemain et, par le fait même, de nous créer d'autres
inhibitions, ce qui n'arrangerait pas les choses...
Nos réactions sexuelles
Chez la femme timide ou mal à l'aise, une faible dose d'alcool
peut lui permettre de s'abandonner plus facilement. Siroter
tranquillement un verre de vin dans un bain pris à deux où on en
profite pour se parler et se caresser sensuellement est un moment
très tendre et tout à fait propice à l'intimité. (Il est
aussi possible de le faire sans alcool.) C'est cette complicité
conjuguée à l'effet de l'alcool qui nous mène à un plus
grand abandon au plaisir. Plusieurs études démontrent d'ailleurs
que l'effet de l'alcool auquel nous nous attendons - «Je vais
être plus détendue», «Je vais être plus réceptive aux
caresses», etc. - a autant d'importance que l'effet réel de
l'alcool. La preuve en est que des personnes qui «croyaient»
boire de l'alcool, alors qu'elles n'en buvaient pas, ont
été aussi stimulées que d'autres qui en absorbaient
réellement...
L'ingestion d'alcool permet à bon nombre de femmes de
libérer leurs fantasmes
et de les accepter (ou, si vous voulez, de ne plus subir de
blocage). Elles seront donc plus facilement excitées, car elles
se permettront d'imaginer les scénarios les plus osés...
D'autres encore ont l'impression d'être plus sensibles, de
ressentir davantage toutes les sensations et que leur orgasme
est plus fort lorsqu'elles ont bu un peu d'alcool. Par contre,
la frontière est très mince entre «un peu» et «déjà trop»;
dans le deuxième cas, beaucoup éprouveront plutôt un
ralentissement dans la montée de l'excitation sexuelle et de l'orgasme.
L'envers de la médaille
Il serait faux de prétendre que l'alcool n'a que des
effets bénéfiques sur la sexualité. Les aspects agréables dont
nous venons de parler ne se produisent que lorsqu'on boit peu d'alcool,
et ce, pas souvent. Trop boire nuit! De même, avoir absolument
besoin d'un verre pour nous laisser aller est un signe très
clair que nous sommes remplies d'inhibitions que nous tentons de
régler en créant une dépendance à l'alcool. Rien n'est
alors réglé!
Si l'alcool semble avoir relativement peu d'effets sur le
fonctionnement sexuel de la femme, il n'en est pas de même pour
l'homme. Très vite, il se rend compte qu'il a de la
difficulté à avoir une érection ou à la maintenir. S'il a
déjà une certaine tendance à l'éjaculation précoce, l'alcool
lui fera perdre toute vigilance et ce sera encore pire! Lorsqu'une
personne a bu, elle ne s'inquiète pas des conséquences; elle
aura alors tendance à se laisser guider uniquement par ses
sensations.
Combien d'anniversaires de mariage ou de fêtes ont été
gâchés parce que l'un ou l'autre des conjoints avait
dépassé la limite acceptable. C'est aussi souvent le cas lors
des relations sexuelles extraconjugales qui sont beaucoup plus
fréquentes lorsque les personnes ont bu. Dans les deux cas, l'autre
se sent abandonné-e et même trahi-e.
L'alcool et le sexe font-ils bon ménage? Oui, parfois, tout
dépend de la quantité d'alcool qui est avalée. Pour reprendre
l'idée de la publicité, disons que la modération a de bien
meilleurs... effets!
Ann-Frances Paradis, M.A.
Sexologue clinicienne et psychothérapeute
Thérapeute conjugale et familiale
Membre de l'Association des sexologues
Association
des sexologues du Québec
Téléphone : (514) 270-9289
Courriel : asq@qc.aira.com
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