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(Photo: Lucie McBreartry) |
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Quand on a déjà été blessée, il n'est pas facile d'aimer de
nouveau. Les blessures que l'on porte sont toujours vivantes,
mais en se donnant le temps...
«Il y a un moment
maintenant que je suis seule. j'aurais tant envie d'être
importante pour quelqu'un, d'être dans ses bras. Il y a bien
un homme à qui je plais et qui me plaît aussi... mais on
dirait que j'ai peur de me laisser aller. C'est ridicule, je
veux et je ne veux pas. Qu'est-ce qui
m'arrive? »
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Aimer et être aimée, on en a
absolument besoin. Pourtant, il n'est pas très facile de
recréer des liens intimes... On a peur : les blessures
précédentes ont laissé leur marque ! La sexualité joue un
rôle important dans les séparations. l'autre est parti avec
une femme plus jeune et plus dégourdie comme il disait, ou
parce qu'on ne faisait pas l'amour assez souvent à son goût.
Peut-être que c'est moi qui suis partie parce que je ne me
sentais plus intéressante ni désirée, ou parce qu'il attendait
de moi des choses que je ne pouvais lui donner, etc. Sans
compter les abus et les viols assez fréquents entre
partenaires !
Quelle que soit la cause de la
séparation (même un décès), il y a eu un temps où l'on s'est
sentie abandonnée, vidée, trahie par la vie, par l'autre. Ce
sont tous ces éléments qui font qu'il est difficile de renouer
des liens intimes ; on s'aperçoit qu'on est fragile, que
nos blessures ne sont pas entièrement cicatrisées... Est-ce
qu'il va m'arriver encore la même chose ? Est-ce que ça
va marcher cette fois-ci?
Les nouvelles
peurs l'inquiétude s'empare alors de nous,
pouvant même provoquer une certaine
panique : « Que va-t-il penser de mon
corps ? Est-ce que je suis encore désirable ? j'ai
des vergetures, j'ai les seins un peu plus tombants depuis mes
allaitements ; comme me verra-t-il ? » Et on ne
voit que nos petits défauts en oubliant de regarder aussi nos
qualités. Il faut réaliser que si on ne s'aime pas soi-même,
si on n'a pas confiance, on aura de la difficulté à se laisser
aimer par l'autre. On peut très bien décider de se replier sur
soi-même, se dire que de toute façon ça ne changera pas, que
les hommes sont tous pareils... Il vaut peut-être mieux
prendre conscience que ce sont nos vieilles blessures et nos
peurs qui nous retiennent. Mais l'espoir et notre besoin
d'être aimée, eux, nous tirent vers l'avant.
Alors, qu'est-ce qu'on
fait? Et si on se faisait un peu
confiance ? Avez-vous déjà pensé que l'autre éprouve
peut-être les mêmes craintes ? Et si on commençait par
partager nos craintes avec lui... j'ai remarqué
qu'habituellement les gens tournent autour du pot pour se
donner du temps, pour se mettre en confiance, ce qui est bien
en soi, mais que dans le fond, ils n'abordent pas les sujets
qui les préoccupent. Je sais, par tout ce que j'ai entendu en
consultation, que les hommes et les femmes en sont au même
point quant à la peur d'être rejetés ou abandonnés ou
ridiculisés. On gagnerait donc à s'en parler, on serait sur le
même pied. Et quelle belle complicité, quelle belle intimité
on serait en train de créer ! j'ai aussi remarqué que
côté sexualité on veut aller beaucoup trop vite. On pourrait
se donner des permissions, s'entendre pour se caresser
par-dessus ses vêtements sans s'obliger à arriver tout de
suite à la pénétration. Mais souvent, on ne respecte pas ses
peurs et on exige trop de soi-même. On pense que l'autre pense
que... mais on ne va pas vérifier ! Il est bon de faire
des ententes, de se dire ce qu'on veut. On a le droit de
prendre soin de soi, avec l'autre. Si on veut que cette
relation dure, autant qu'elle parte du bon
pied !
On pourrait donc prendre le temps de se
parler, de se courtiser, de se toucher graduellement et de
rire ensemble et de s'amuser. La confiance y gagnerait
probablement, et le désir aussi.
Ann-Frances
Paradis, M.A.
Sexologue clinicienne et psychothérapeute
Thérapeute conjugale et familiale
Membre de l'Association des sexologues
Association des sexologues du
Québec
Téléphone : (514) 270-9289
Courriel : asq@qc.aira.com
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