Q: Certaines personnes affirment ne jamais rêver. Est-ce possible?

N.G.: Tout le monde rêve, sans exception. Toutefois, il est vrai que tout le monde ne se souvient pas de ses rêves. Chacun de nous fait de quatre à six séries de rêves par nuit.


S.I.: La première série de rêves commence de 90 à 120 minutes après l'endormissement. Au fil de la nuit, les séries de rêves sont de plus en plus longues. Au réveil, on est habituellement rendu à la quatrième série de rêves, qui est la plus longue de la nuit. Voilà pourquoi on s'en souvient davantage.


Q: Physiologiquement, que se passe-t-il lorsqu'on rêve?

S.I. Les rêves se produisent durant la phase de sommeil paradoxal. Celle-ci est caractérisée par un état de repos complet. On n'a alors plus aucun tonus musculaire.

N.G.: Le corps est comme paralysé, mais le cerveau, lui, demeure très actif. Il est intéressant de savoir que, pendant le sommeil, notre mémoire à court terme est désactivée. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles nos rêves s'effacent très rapidement de notre mémoire.

Q: À quoi sert toute cette activité nocturne?

N.G.: Les rêves ont plusieurs utilités. D'abord, ils servent à consolider la mémoire et à intégrer les apprentissages de la journée. Il a d'ailleurs été démontré que des gens qu'on empêchait de rêver développaient des problèmes de mémoire et d'apprentissage. Nos rêves ont aussi une fonction relaxante: ils laissent s'exprimer les émotions refoulées, favorisant ainsi l'équilibre émotif. Enfin, les rêves nous aident à nous situer dans notre vie.

Q: Les cauchemars ont-ils eux aussi leur utilité?

N.G.: Tout à fait. Les cauchemars sont utiles pour trois choses: en premier lieu, ils nous apprennent à confronter nos peurs et à se défendre. Ils peuvent aussi servir d'avertissement, par exemple, si on a fait un mauvais choix. Enfin, ils peuvent être le reflet d'une situation angoissante que l'on vit de jour, inconsciemment.