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Encore un marché marginal
On retrouve, au Québec, des producteurs biologiques dans les productions maraîchères, fruitières, bovines, céréalières, dans les produits laitiers, les produits de l'érable, les œufs, le miel, les plantes médicinales, la viande de porc et la volaille. Les deux secteurs les plus forts sont les productions maraîchères suivies de très près par les céréales. Même si le Québec connaît une croissance de la culture et de la consommation des aliments biologiques, la production biologique reste tout de même en deçà de 1% actuellement. Et les trois quarts de cette production sont exportés. «D'une part, il n'y a pas beaucoup d'usines de transformation au Québec et, d'autre part, plusieurs pays en Europe et en Asie connaissent la valeur des produits biologiques et sont prêts à payer des prix élevés pour acheter nos productions», indique M. Gaudet. Car l'agriculture biologique n'est pas en croissance qu'au Québec. Elle connaît une popularité énorme dans certains pays européens échaudés par les épisodes de la vache folle et de la dioxine.
«En 1985, dans l'Union européenne, il n'y avait que 0,1% de la surface agricole qui était cultivée de façon biologique alors qu'à la fin de 1998, 2,1% des terres étaient considérées biologiques, indique Monique Scholz, directrice des services pour OCIA Québec. C'est une augmentation de 3000 % en 13 ans. Certains pays ont jusqu'à 10 % de leur superficie agricole cultivée biologiquement et ce chiffre atteint 30 % pour certaines régions en Allemagne. Mais tout ça s'est fait avec l'appui des gouvernements. Les agriculteurs obtiennent des subventions et du soutien lors de la période difficile de transition de l'agriculture traditionnelle à la culture biologique. Ici, il n'y a aucune politique nationale ou fédérale qui favorise l'agriculture biologique.»
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Non seulement les producteurs québécois biologiques ne bénéficient pas de subventions particulières mais ils doivent en plus faire face à un autre problème de taille : les OGM. Les entreprises de semences refusent actuellement de garantir qu'il n'y a aucune contamination de leurs produits avec des semences transgéniques. Le producteur biologique doit donc faire analyser lui-même un échantillon des semences qu'il achète pour s'assurer qu'il n'a pas entre les mains de grains transgéniques.
«C'est complètement aberrant, car ce sont les producteurs biologiques qui paient tout le temps, indique France Gravel. Ils paient pour leur certification et pour analyser les semences et ne reçoivent jamais d'aide financière ou de soutien du gouvernement. Parfois, c'est décourageant. On se sent comme David contre Goliath.»
«C'est évident que ça prendrait un soutien politique pour arriver à un développement de la culture biologique comparable à celui de l'Europe, indique M. Christian Nanchen, directeur du Centre d'agriculture biologique du Québec. Je suis allé en Suisse récemment et des changements énormes sont survenus au cours des dernières années. Dans les supermarchés, on retrouve dans les comptoirs réfrigérés du lait, des œufs et du fromage biologiques. Sur les tablettes, on peut choisir entre deux ou trois sortes différentes de biscuits biologiques. Plus loin, il y a du pain, de la farine et d'autres produits biologiques. En Europe, l'encouragement du biologique implique des choix politiques environnementaux et sociaux. C'est une volonté politique de maintenir le tissu social en milieu rural en encourageant les petites fermes souvent biologiques à demeurer actives. Au Québec, le gouvernement commence seulement à s'intéresser au domaine du biologique. En ce moment, le Québec jouit d'une grande popularité sur les marchés internationaux. Ses produits biologiques sont très en demande en Europe et en Asie. À l'étranger, on considère le Québec comme une grande étendue verte peu polluée. Ou le ministère de l'Agriculture devrait saisir l'occasion d'aider à développer cette culture ou ce sera un autre pays qui le fera bientôt.»
Chantal Legault
Gazette officielle des thérapeutes
Mai-juin 2000
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