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Santé des hommes

Semaine du 9 juillet 2007
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L'andropause, un secret bien gardé
L'andropause, un secret bien gardé Qu'arrive-t-il à une femme de 40 ou 50 ans qui se sent «tout à l'envers»? Elle entre probablement en ménopause. Se pourrait-il que l'homme éprouve lui aussi quelque chose de semblable? On le croit désormais. C'est l'andropause, cette «ménopause au masculin». Un phénomène pas du tout irréel, mais bel et bien confirmé il y a quelques années par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le National Institute of Health (NIH).

Le docteur Pierre Alarie, médecin-sexologue rattaché à l'hôpital Saint-Luc, ne doute pas de l'existence de l'andropause, même si certains de ses confrères en contestent le concept même. «Il y a des gens trop pour, d'autres trop contre, mais la vertu se situe entre les deux. Et c'est pourquoi nous travaillons encore à trouver des critères plus précis pour mieux définir et mesurer l'andropause.»

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Le docteur Harmurari Tewari, professeur d'urologie à l'école médicale de Dalhousie en Nouvelle-Écosse, est un de ceux que l'andropause rend sceptique. Il est normal que le corps subisse en vieillissant certaines pertes ou déficits. Il est également normal qu'un homme de 50 ou 60 ans éprouve plusieurs sentiments négatifs quand il réalise qu'il ne sera plus jamais jeune, que les jolies femmes et les voitures sport, par exemple, sont pour les autres. «Mais ce n'est pas une condition médicale, ça, lance le docteur. Tout le monde éprouve ça dans le cours normal d'une vie.»

Longévité et nouvelles données
Dans le contexte, pas si lointain, d'une espérance de vie réduite à 45 ou 50 ans, des questions comme la ménopause ou l'andropause ne se posaient même pas. Or, en même temps que l'accroissement de la longévité, notre siècle a vu naître une préoccupation pour le changement hormonal - et une batterie de symptômes à sa suite - qui surgit vers le milieu de la vie. Contrairement aux femmes, les hommes ne parlent pas volontiers de cette période trouble et ne consultent pas le médecin davantage. Ils vivent souvent ces changements profonds en solitaire, en silence, même s'ils sont nombreux à les éprouver.

Tous les hommes ne souffrent pas d'andropause, contrairement à la ménopause qui touche la totalité des femmes. On peut difficilement préciser la portion d'hommes atteints, tant les chiffres varient d'une étude à l'autre. Les estimations vont de 20 à 50 % des hommes.

L'homme vit son «retour d'âge» essentiellement entre 40 et 55 ans. Ce qui n'exclut pas des entrées en andropause à 36 ou à 67 ans. Les changements hormonaux, physiologiques et chimiques que l'homme subit alors affectent tous les aspects de sa vie.

Tout comme sa tendre moitié, l'homme est rythmé par des variations hormonales complexes qui influencent sa sexualité, son humeur et son caractère. De récentes études indiquent qu'il subit chaque mois des fluctuations hormonales donnant lieu à des réactions émotives et physiologiques comparables au syndrome prémenstruel qui affecte beaucoup certaines femmes. La testostérone, par exemple, fluctue selon cinq cycles: trois à quatre fois à l'heure, deux fois par jour (plus de testostérone en matinée, moins en après-midi), tous les mois (selon des cycles différents pour chaque homme), durant l'année (davantage de testostérone en octobre, moins en avril), enfin, baisse du taux hormonal durant l'andropause.

Guy Sabourin

À lire aussi:
L'andropause, un secret bien gardé (suite)



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