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«Pour que notre quotidien devienne un plaisir à vivre, il faut se réapproprier notre corps.» Thérèse Cadrin-Petit sait de quoi elle parle. Auteure du «Corps heureux» récemment paru aux
Éditions de l'Homme, elle s'intéresse au corps humain, à la bonne forme et au bien-être depuis des années.
Il y a 20 ans, Mme Cadrin-Petit instaurait la gymnastique sur table selon la méthode (du nom de son créateur) à l'École nationale de théâtre de Montréal. C'est au Conservatoire d'art dramatique de Paris, à l'époque où elle était danseuse classique, qu'elle a appris les bienfaits de la gymnastique sur table. En 1984, elle partage ses connaissances en offrant des séminaires aux orthopédistes et physiothérapeutes. «Mais en 20 ans, la gymnastique sur table a beaucoup évolué. J'y ai introduit des éléments de physiothérapie, d'ostéopathie, et j'ai développé de nouvelles techniques importantes. À l'origine, la table Penchenat était faite pour être plus athlétique.»
Les qualités d'un corps heureux
Mais quelles sont donc, selon elle, les qualités essentielles d'un corps heureux? «Il n'y a pas que la force et la souplesse qui soient des qualités importantes pour être bien dans son corps. Cinq éléments sont essentiels: une bonne posture, une bonne respiration, une souplesse, une force et de la précision. La précision consiste à savoir placer son corps pour chacun des gestes que l'on pose au quotidien. Quant à la respiration, elle est primordiale et implique aussi les aspects cardiovasculaires.»
À chaque seconde, notre corps bouge. Il est donc important de savoir comment le faire bouger. «On pose constamment des gestes aussi automatiques que descendre un escalier. On finit par le faire en prenant de mauvais appuis, en courbant le dos et en se créant parfois des maux qu'on pourrait éviter. Les gestes les plus simples devraient être faits avec plus de précision. En prenant conscience de ce que l'on fait, on éviterait des tensions, réhabiliterait les muscles dans le quotidien et vivrait mieux dans son corps.»
«Sans compter que ces mécanismes automatiques créent des tensions parasites. Lorsqu'on soulève quelque chose, par exemple, on monte les épaules, on bloque parfois la respiration et il arrive même qu'on serre les dents. Tout ça n'est pas nécessaire.»
Corps heureux, corps parfait
Mme Cadrin-Petit offre une option et des solutions pour apprendre à utiliser pleinement son corps. «Lorsqu'on le connaît, il est plus facile ensuite de l'élever et de lui demander des performances, que ce soit en sport, en danse ou toute autre activité. Certaines personnes me disent parfois qu'elles détestent les appareils de musculation. Il est clair que ces appareils nous demandent de faire ce qu'ils veulent, et non ce qui nous convient. Mais c'est souvent l'image qu'on nous donne de la bonne forme, du corps parfait. Mais attention, le corps heureux n'est pas le corps parfait! Notre corps n'est pas adaptable aux appareils. Quelqu'un de petite taille, par exemple, risque, sur ces appareils, de ne pas faire travailler les bons muscles. Le dos peut cambrer, les reins peuvent forcer. Les appareils ont des paramètres grossiers tandis que le corps a des possibilités beaucoup plus grandes. C'est souvent pour cette raison que les gens abandonnent.»
Avec sa méthode de gymnastique sur table, Mme Cadrin-Petit s'assure que les gens travaillent pour eux-mêmes, et non en fonction d'un appareil. «On peut sculpter soi-même son corps et, de la même façon que lorsqu'on pratique un sport, on peut se dépasser, aller au-delà de ce qu'on croit être ses limites.»
Avoir un corps heureux est un mode de vie, selon elle. Dans son livre, elle aborde aussi certains autres problèmes comme la ménopause ou l'embonpoint. «Le plus difficile, dit-elle, c'est de créer une régularité, une constance, dans l'apprentissage de son corps. Ça demande une discipline très grande, mais c'est possible.»
Il y a de l'espoir même pour les corps les plus «rouillés», ceux qui ont négligé le leur pendant longtemps. «Avant toute chose, on leur donne quelques notions d'anatomie afin qu'ils aient des points de repère. Puis nous travaillons en gymnastique sur table et peu à peu ils se réapproprient leur façon de bouger. C'est extrêmement gratifiant.»
Il existe deux Centres de gymnastique sur table, le premier au 5130, boul. Saint-Laurent, bureau 200, à Montréal, puis le deuxième au 3879, boul. Taschereau, bureau 220, Saint-Hubert. D'autres écoles à travers le Québec proposent la gymnastique sur table de Mme Cadrin-Petit.
Thérèse Parisien
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