Au cours de la dernière année, 71 % des Canadiens ont consommé des produits naturels. Je n'ai rien contre. Le problème, c'est que peu de gens connaissent les risques auxquels ils s'exposent quand ils associent ces produits apparemment inoffensifs à leurs médicaments d'ordonnance.

Votre corps est très bien équipé pour faire face aux toxines, aux polluants et aux médicaments.

Votre corps est très bien équipé pour faire face aux toxines, aux polluants et aux médicaments. En fait, à tout ce que vous consommez, y compris les produits «naturels». Ces derniers, comme toutes les substances précédentes, sont en effet dirigés vers les parois des intestins ou vers le foie, où des enzymes spécialisées en diminuent l'activité ou les transforment en molécules biologiquement actives.

Mais que se passe-t-il quand une famille d'enzymes doit faire face, en même temps, à un produit naturel et à un médicament?

Y a-t-il suffisamment d'enzymes au portillon?

Pour le savoir, lisez ces quelques histoires vraies. Vous verrez, elles donnent froid dans le dos...

 

Millepertuis et transplantation cardiaque

Monsieur Pépin a eu la chance de subir une transplantation cardiaque à l'âge de 59 ans. Mais il n'est pas à l'abri d'une petite déprime. Sa femme, voulant bien faire, lui propose de prendre du millepertuis («Pas mal plus naturel qu'un antidépresseur, mon chéri»). Mais l'anecdote tourne au drame. Monsieur Pépin rejette la greffe et il en meurt. Que s'est-il passé?

Des médicaments anti-rejets comme la cyclosporine permettent au greffé de vivre avec un organe qui ne lui appartient pas. Le millepertuis augmente la concentration d'enzymes (CYP3A4 et Pgp) qui empêchent l'entrée de la cyclosporine dans l'organisme et accélèrent sa dégradation en molécules inactives. Conséquence: les concentrations de cyclosporine deviennent insuffisantes et c'est le rejet du greffon, dans ce cas, du coeur transplanté.