La Société canadienne du cancer (SCC) profite de la publication, en février 2010, d'une enquête sur les attitudes des Canadiens face au cancer colorectal menée par le Partenariat canadien contre le cancer, pour réitérer sa demande auprès du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec d'instaurer dès que possible un programme organisé de dépistage du cancer colorectal.

Au cours des dernières années, la SCC a recommandé à maintes reprises la mise en œuvre d'un programme organisé de dépistage du cancer colorectal qui ciblerait les Québécois âgés de 50 ans et plus. Depuis janvier 2007, sept provinces canadiennes ont annoncé des projets pilotes ou lancé des initiatives en multiphases visant à implanter un programme sur tout leur territoire, a déclaré Dr Gilles Pineau, conseiller scientifique pour la Société canadienne du cancer, Division du Québec.

«En novembre 2007, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, avait confirmé l'intention du gouvernement d'instaurer un programme systématique de dépistage du cancer colorectal, une mesure incluse dans les Orientations prioritaires 2007-2012 du Programme québécois de lutte contre le cancer. Une somme de 27 millions $ avait été réservée à cette fin. Nous espérons donc voir, de façon imminente, l'implantation d'un programme de dépistage du cancer colorectal sur le territoire québécois [1]», ajoute le Dr Pineau.

Recommandations en matière de dépistage

Le risque de souffrir du cancer augmente de façon importante avec l'âge. Plus de 90 % des cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chez des Canadiens de plus de 50 ans. Selon les données scientifiques, on estime aussi qu'on pourrait enregistrer une réduction d'environ 17 % du nombre de décès par cancer colorectal si 70 % des Canadiennes et des Canadiens de 50 à 74 ans passaient un test de recherche de sang occulte dans les selles tous les deux ans.

La SCC recommande aux femmes et aux hommes de plus de 50 ans de passer un test de recherche de sang occulte dans les selles au moins tous les deux ans. Tout résultat positif (confirmant la présence de sang dans les selles) pourrait être suivi d'une coloscopie (examen du côlon au moyen d'un mince tube flexible) ou d'un autre test de diagnostic reconnu.

Pour la SCC, le dépistage par recherche de sang occulte dans les selles peut réduire l'incidence même du cancer colorectal, car ce test permet de détecter la présence de sang causée par des polypes précancéreux (excroissances bénignes en forme de chou-fleur qui se développent sur la paroi interne du côlon ou du rectum). Ces derniers peuvent ainsi être enlevés avant qu'ils ne deviennent cancéreux.

«Avec le vieillissement de la population québécoise, particulièrement l'imposante cohorte des baby-boomers, on s'attend à voir de plus en plus de cas de cancer colorectal. Le cancer colorectal est une des principales causes de décès par cancer au Québec, mais cette maladie peut être traitée si elle est détectée tôt. La SCC estime que la mise en œuvre d'un programme systématique de dépistage auprès de la population âgée de 50 à 74 ans sauvera des vies», a conclu le Dr Pineau.

Il faut toutefois noter que les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal devraient discuter d'un programme de surveillance individuel avec leur médecin, qui pourrait débuter avant l'âge de 50 ans.

En 2009, uniquement au Québec, 5800 personnes ont reçu un diagnostic de cancer colorectal (22 000 au Canada). Quelque 2600 Québécoises et Québécois ont succombé à cette maladie (9100 au Canada). Le cancer colorectal est le troisième cancer le plus souvent diagnostiqué chez les hommes et les femmes au Canada. Après le cancer du poumon, le cancer colorectal vient au deuxième rang des causes de décès par cancer au pays.