Ils sont partout – à l’épicerie, dans les publicités – et ils se vantent de pouvoir rendre vos enfants plus intelligents. Mais que sont vraiment les oméga-3?
L'invasion des épiceries par les oméga-3
Imaginez-vous en train d'arpenter les rayons d'une épicerie planétaire dans le but d'identifier tout ce qui contient des oméga-3.
Au rayon boulangerie, vous trouveriez les pains Hi Q DHA australien, oméga-3 Leva suédois, Diamant Vital oméga-3 allemand.
Au rayon des produits laitiers, le lait Lactel oméga-3 français, le yaourt Omi-3 polonais, le camembert québécois Saint-Coeur-de-Marie de La Fromagère Mistouk.
Au rayon oeufs, vous auriez le choix entre les Ovo3 italiens, les Columbus hollandais, ou les Minicol omega finlandais.
Au rayon boucherie, les saucisses de Strasbourg australiennes (sic), l'Omega cool burger norvégien, le poulet en morceaux congelés Mega Off israélien, ou encore le récent récipiendaire d'un Prix d'excellence canadien de l'agroalimentaire, le porc oméga-3.
Enfin, dans le rayon boisson, vous débusqueriez des oméga-3 dans le jus Tidal Wave Superfood californien, le Timlic suisse ou le Chicara Mizu japonais...
Vous constateriez ainsi que les fameux oméga-3 sont partout, partout. Et pourtant, cette profusion vous renseigne assez peu sur sa nature. Pas besoin de ressortir votre petite panoplie de chimiste, on vous explique!
Oméga-3: la famille des acides gras
Les oméga-3 font partie de la famille des acides gras dits polyinsaturés (AGPI). Les plus célèbres sont l'acide alpha-linolénique (AAL), une molécule essentielle fournie exclusivement par l'alimentation (puisque le corps ne peut la fabriquer) et qui sera transformée ensuite en acide eicosapentaénoique (AEP) et en acide docosahexaénoique (ADH). En bon chimiste, vous devriez vous familiariser avec ces noms compliqués mais, rassurez-vous, en tant que consommateur vous n'avez qu'à vous familiariser avec les abréviations. Les publicitaires ont vraiment pensé à tout.
Pour bien comprendre le rôle des oméga-3, il faut aussi connaître leurs cousins: les oméga-6, tout aussi importants, et l'acide linoléique (AL), qui ne peut être fabriqué par l'organisme et qui va être utilisé pour produire entre autres l'acide arachidonique (AA). Nous arrêterons ici les présentations, mais quand il sautera aux yeux du biochimiste qui sommeille en vous que AA et ADH forment 1/5 du cerveau et 1/3 de la rétine, vous comprendrez mieux pourquoi ils sont essentiels. Le mystère de leur nature étant éclairci, vous vous demandez sans doute pourquoi ils sont si recherchés... puisqu'ils semblent faire partie d'un nombre grandissant de produits de consommation courante.
La source des ADH, AA, AEP
En réalité, les AGPI se trouvent naturellement dans les algues marines, les poissons gras tels que le saumon, le hareng, le maquereau, les anchois, mais aussi le lin, le colza (ou canola), les noix et leurs huiles: aliments de plus en plus négligés dans nos sociétés industrialisées. À côté du chimiste qui dort en vous, dort aussi une nutritionniste, que les ingénieurs en agroalimentaire n'ont pas voulu réveiller pour lui expliquer les bénéfices de ces aliments; ils ont plutôt pensé vous faciliter la tâche en intégrant les AGPI dans des aliments courants tels que le pain, le lait, les oeufs, les jus et aujourd'hui les viandes. Était-il vraiment nécessaire d'en arriver là?

