Dysmorphophobie: le témoignage de Leslie
Leslie connaît bien la dysmorphophobie. Celle-ci s'est ancrée dans sa vie vers la fin de son adolescence. Elle accepte aujourd'hui de témoigner, elle qui continue de lutter contre cette image erronée qu'elle a de son corps.
«Ma dysmorphophobie porte sur deux parties de mon corps: mes jambes et mon visage. Vers 18 ans, alors que j'étais danseuse, la peau de mes jambes s'est asséchée et s'est mise à craqueler, ce qui fait que j'ai en permanence des rougeurs, des taches et des cicatrices dues aux poils qui poussent sous la peau. Je ne montre jamais mes jambes totalement nues. Même mon partenaire ne peut voir mes jambes ni les toucher», confie Leslie. «Quand j'avais environ 16 ans, j'ai pris beaucoup de poids. Je me souviens que j'avais de grosses joues que je détestais. Par la suite, j'ai perdu ce poids, mais je suis restée obsédée par mon visage. J'avais un besoin quasi permanent de le toucher pour être sûre d'être normale, mais aussi de me regarder dans le moindre reflet pour être sûre que mes grosses joues n'étaient pas revenues.»
C'est en parlant avec ses parents, et en particulier avec sa mère, que la jeune femme a pu mettre un nom sur ses obsessions corporelles. Toutefois, Leslie admet que sa dysmorphophobie, même si elle est connue de son entourage, est difficile à vivre. «La plupart des gens ne comprennent pas. Ils pensent qu'il s'agit d'un complexe, alors que c'est bien différent d'un complexe. Mon problème, c'est que j'ai dans la tête une image erronée de mon visage.»
Même si sa dysmorphophobie est source de souffrance, la jeune femme ne compte pas suivre de thérapie pour essayer de guérir. «J'essaie de m'en sortir par moi-même, en discutant avec d'autres personnes qui souffrent de ce problème. Pour m'aider, j'ai des amis photographes qui m'ont prise en photo. Je réussis maintenant à m'aimer un minimum. Aujourd'hui, je vais mieux, même si mon visage et mes jambes m'obsèdent encore par moments», conclut-elle.

