«Bien nourrir les animaux pour mieux nourrir les hommes», dit le vieil adage. Après le scandale de la «vache folle», est-ce que ce sont les animaux qu’on mange qui sont les mieux nourris?
On étudie depuis longtemps la nutrition animale. Jusqu'à tout récemment, on utilisait ces connaissances surtout dans le but de nourrir les animaux destinés à la consommation humaine. L'élévation du niveau de vie, après la Deuxième Guerre mondiale, s'est accompagnée d'une demande accrûe de protéines animales: viande de boeuf, de porc, de mouton, de poulet. Ainsi, en Europe par exemple, les deux tiers de toutes les surfaces cultivées supportent la culture de céréales destinées au bétail.
On peut faire manger n'importe quoi aux animaux d'élevage. L'important, c'est le rendement: il faut qu'ils grossissent vite et que ça ne coûte pas trop cher. Or, les ruminants grossissent plus vite quand ils sont élevés en batterie et nourris de céréales génétiquement modifiées que lorsqu'ils vont paître et qu'ils se nourrissent d'herbe fraîche. La promiscuité les fragilise? Heureusement qu'il y a les antibiotiques.
Comme on ne peut pas faire manger n'importe quoi aux humains, tout ce qui reste des carcasses animales est recyclé pour nourrir d'autres animaux. C'est en donnant du boeuf en poudre au boeuf en batterie que la vache est devenue folle. Et comme l'humain risquait aussi de devenir fou en mangeant du boeuf devenu cannibale malgré lui, les farines animales sont interdites dans l'alimentation des herbivores qui sont destinés à l'alimentation des humains.
Que faire alors de ces milliards de cadavres d'animaux si on ne peut plus s'en servir pour nourrir ces braves vaches emprisonnées? On les donne aux chiens et aux chats. Mais pas n'importe comment.
Les chats sont-ils mieux nourris que les hommes?
«(Nos) bouchées contiennent du calcium et de la vitamine D qui aident à développer des dents saines et une ossature solide. Elles renferment également de la vitamine E et de la taurine afin de favoriser le bon développement des yeux, d'une musculature solide, d'une peau en santé...»
Ces qualités, qui allécheraient la plus consciencieuse des mamans humaines, sont pourtant vantées dans une annonce de nourriture... pour chat, qui promet, en sus, que tous les nutriments qu'elle contient donneront «un pelage lustré». Incidemment, plusieurs de nos animaux de compagnie peuvent maintenant se vanter d'avoir un meilleur régime qu'une grande partie de la population! Santé Canada, à quand le guide alimentaire canin?

