La nourriture pour animaux: un marché rentable
Pourquoi les divers composés alimentaires si bénéfiques pour les hommes ne seraient-ils pas offerts aux animaux de compagnie?
En récupérant à peu de frais les déchets de l'élevage et les carcasses d'animaux, les chefs inspirés du «petfood» font des petites boulettes et des petites croquettes bien parfumées qui font davantage plaisir à la maîtresse qu'à sa Duchesse. Le chat, comme le chien, est un chasseur et un charognard: il se fout des arômes et de la présentation comme de son premier collier: il veut du sang, de la viande et des os. Il ne sait pas qu'en fait, il mange autant de résidus céréaliers que de restes d'animaux sacrifiés. Parmi ces restes, peu lui importe qu'on retrouve aussi des restes d'animaux écrasés sur la route, d'animaux morts de maladie, broyés entiers dans leur sauce, tumeurs cancéreuses incluses.
«Le meilleur supplément alimentaire pour aider votre animal à vivre mieux et plus longtemps»... poursuit le publiciste. Un supplément de probiotiques, Duchesse?
Les propriétaires d'animaux de compagnie sont à l'affût de ce qu'il y a de mieux pour leur ami poilu afin de jouir le plus longtemps possible de cette amitié privilégiée.
Et les propriétaires d'entreprises de nourriture pour animaux sont à l'affût de toutes les femmes célibataires de plus de 40 ans qui ne vivent que pour leur chat: un marché aussi alléchant pour les capitalistes que les bonnes pâtées fondantes sont censées l'être pour nos petits compagnons. D'ailleurs les dix plus grandes entreprises de nourriture pour animaux ont tiré, en 2006, plus de 30 milliards $ US de revenus de l'amour que l'on porte à nos chiens et nos chats.
L'agriculteur est content: il vend tout. L'industriel est content: il fait fortune. Sylvie est contente: sa Duchesse a terminé ses croquettes.
Duchesse est contente: bon ou pas bon, elle a eu plus que sa ration.

