Des clémentines du Maroc. Des asperges du Mexique. Du saumon d'élevage du Chili. Des fraises de Californie. Du miel de lavande de Provence. De l'agneau de Nouvelle-Zélande. Avec la mondialisation, des aliments de partout arrivent dans nos supermarchés à longueur d'année... Est-ce une bonne chose?

Comme nutritionniste, difficile de ne pas encourager les gens à manger une grande variété d'aliments, en particulier des fruits et des légumes. Or, le Québec, comme les autres contrées nordiques, n'a jamais vu pousser l'ombre d'une orange. Et on se réjouit, en hiver, de pouvoir faire le plein de vitamine C avec des agrumes qui nous viennent souvent de Floride ou du Texas.

Le coût d'une agriculture importée

Mais il n'y a pas que la valeur nutritive à considérer dans nos choix. Il faut être conscient des enjeux et des coûts reliés à cette mondialisation de l'alimentation. En voici quelques-uns:

  • L'augmentation du kilométrage parcouru par les aliments. En moyenne: 2 600 km avant de parvenir jusqu'à notre assiette. Cela implique une augmentation de la pollution, à cause du pétrole requis, et de l'inefficacité énergétique par l'utilisation inutile de réfrigérateurs et autres.
  • Les terres fertiles diminuent en raison de leur surexploitation ou de leur transformation en développements résidentiels. Au Québec, seulement 2 % du territoire est consacré à l'agriculture. Chaque année, selon l'Union des producteurs agricoles, 500 fermes disparaissent à cause de l'endettement excessif des fermiers ou faute de relève.
  • La spécialisation des cultures entraîne une perte de biodiversité des espèces moins productives.
  • La perte de la notion de saison. Les mêmes fruits et légumes étant disponibles 365 jours par année, bien des gens ignorent à quel moment les aliments sont récoltés dans leur région.
  • La diminution de la qualité gustative des aliments. Les gens ne distinguent plus la saveur des aliments de saison, souvent meilleurs que ceux issus de l'agriculture extensive, sans parler du coût moindre et de la plus grande fraîcheur des aliments saisonniers.
  • La centralisation des richesses: l'écart se creuse entre les riches et les pauvres, puisque seuls les agriculteurs de masse peuvent négocier sur le marché international.
  • L'utilisation croissante des pesticides, des insecticides et de certains OGM pour maintenir les rendements des gros producteurs.