La canneberge est à la tradition nord-américaine ce que l'oliveraie est à celle de l'Europe méditerranéenne: elle est décidément un aliment communiel. Ce n'est pas étonnant qu'on l'associe traditionnellement à la dinde, volaille également indigène à nos rivages. 

Histoire de dinde et de canneberges

Aux États-Unis, l'Action de grâce (Thanksgiving), célébrée à la fin des récoltes en dégustant de la dinde aux canneberges, était, à l'origine, un hommage rendu aux Wampanoag du Massachusetts, qui ont si généreusement partagé leurs secrets et leurs richesses avec les premiers colons européens affamés. En l'espace d'une génération, ces mêmes colons ont eu tôt fait d'exterminer leurs bienfaiteurs: une reconnaissance toute puritaine! Si la dinde aux canneberges a des vertus anti-oxydantes et constitue une excellente source de protéines, de sélénium, de vitamine B3 et de vitamine B6, elle n'a toutefois pas guéri les Européens de leur cupidité meurtrière.


Une pharmacie dans le fruit

Aujourd'hui, la canneberge ne se déguste plus en guise de communion: qui a besoin de se rappeler d'un massacre? Mais elle a gagné en valeur nutritive tout ce qu'elle avait perdu en valeur symbolique. 


Longtemps avant d'en avoir des preuves scientifiques, les Premières Nations reconnaissaient les multiples vertus de la canneberge: ils s'en servaient pour faciliter la guérison des blessures et pour ajouter saveurs et vitamines à leur nourriture.  Aujourd'hui, on comprend davantage leur sagesse!

 

La baie des grues

Aussi appelé pomme des prés, airelle (improprement, d'ailleurs) ou atoca, en iroquoien, ce petit fruit rouge se nomme curieusement cranberry en anglais (et en France!). Ce mot vient de crane berry (baie des grues) et rappelle que les fleurs des canneberges ressemblent au cou, à la tête et au bec de ces oiseaux échassiers.

Les fleurs des canneberges rappellent la forme d'un oiseau échassier que l'on nomme crane berry en anglais.