Cette question qui peut sembler simple au premier abord est loin de l'être et mérite que l'on s'y attarde. En effet, le premier réflexe de la majorité des gens qui disent «manger leurs émotions» est d'éliminer de leurs armoires et réfrigérateur tous les aliments qu'ils apprécient afin de limiter les envies irrépressibles en période de «crise» (positive ou négative). Ils croient que si ces derniers sont moins disponibles, les rages devraient être moins fréquentes. Erreur!
Le fait de se priver d'un aliment en particulier - ou d'un groupe d'aliments - n'a souvent pour effet que d'augmenter notre désir vis-à-vis de celui-ci. Conséquence: la fréquence ou l'intensité des crises risque d'augmenter. C'est ce qu'on appelle la restriction cognitive.
Refouler ses envies et désirs, et exercer une maîtrise exagérée sur son comportement peut éventuellement se transformer en perte de contrôle. En d'autres mots, si je me prive de manger une barre de chocolat dont j'ai follement envie depuis quelques jours parce que je me dis que cela ne concorde pas avec une saine alimentation et qu'après deux semaines de lutte, je «craque», il s'ensuit une série de sensations telles que la déception par rapport à moi-même, le sentiment d'avoir «triché» et une faible estime de moi. Souvent, la personne en viendra même à surconsommer l'aliment en question puisque de toute façon, elle a triché. Il faut donc être très vigilant et éviter à tout prix d'entrer dans ce cycle.
Si vous avez l'impression de manger vos émotions, posez-vous d'abord la question suivante: est-ce que je me prive de certains aliments ou groupes d'aliments en particulier sous prétexte qu'ils ne sont pas bons pour la santé et qu'après un certain temps, je craque et j'en mange une très grande quantité?
Si la réponse est oui, il serait important pour vous de d'abord vous assurer de consommer des repas complets, tel qu'illustré par le schéma de l'assiette équilibrée. Cela vous aidera à éviter d'avoir des envies de sucre qui seraient causées par un manque d'aliments et la faim. Aussi, il y a peut-être lieu de faire un «grand ménage» dans certaines de vos croyances nutritionnelles, puisque peut-être, comme plusieurs personnes malheureusement, vous privez-vous d'aliments de manière injustifiée. Pour obtenir de l'aide, consultez un nutritionniste professionnel membre de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec. Vous pouvez en trouver un en composant le 514 393-3733 ou le numéro sans frais 1 888 393-8528, ou en consultant la Clinique universitaire de nutrition Nutrium de l'Université de Montréal au 514 343-7055.
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