Comment aider les jeunes à mieux manger?
Dire simplement aux jeunes de manger moins et de bouger plus? Ce n'est pas si simple. Bien sûr, il revient à chacun de surveiller ce qu'il y a dans son assiette et il incombe aux parents de donner l'exemple. Comme le soulignait le Dr Jean-Guy Boileau, médecin qui est à la fois nutritionniste et psychothérapeute, «les parents doivent s'interroger sur leur propre façon de manger et scruter leur panier à provisions». Aux parents donc de maintenir de bonnes habitudes alimentaires et d'inciter leurs jeunes à prendre le temps de manger des aliments variés et de qualité, et pas devant la télé.
Lyne Mongeau ne veut surtout pas qu'on se contente de responsabiliser les individus. Selon elle, tout est à revoir, de la présentation des aliments dans les grandes chaînes qui mettent en évidence des aliments attrayants, mais souvent vides du point de vue nutritif, à l'abolition des superportions - «Plus il y en a, plus on en mange» -, en passant par des changements dans le transport scolaire et par l'ajout d'activités parascolaires et de périodes d'éducation physique!
Les jeunes ne bougent pas assez
«Dans les années 70, 80% des enfants marchaient pour se rendre en classe», rappelle Lyne Mongeau. Aujourd'hui, à peine 15% des adolescents prennent à pied le chemin de l'école. Internet, télé (au moins 15 heures par semaine pour les 12 à 17 ans), vidéos, jeux électroniques... Les jeunes sont jusqu'à 40% moins actifs que ceux d'il y a 30 ans!
Au Québec, 62% des 12 à 19 ans ne font pas suffisamment d'activité physique pour avoir une croissance et un développement optimaux, révélait le sondage 2001 de l'Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie. Être suffisamment actif, cela veut dire dépenser chaque jour l'énergie que demande, par exemple, une demi-heure d'arts martiaux ou une heure de marche.
Autre fait: plus les jeunes avancent dans l'adolescence, moins ils sont physiquement actifs - on le remarque surtout chez les filles. Manque de temps, difficulté d'accès aux activités, perte de plaisir... Plusieurs se découvrent de nouveaux intérêts (travail à temps partiel, musique, sorties en groupe ou en couple...) et délaissent les activités physiques jugées désormais trop bébé.

