Un rituel plus symbolique que sadique
Les débuts de l'ère chrétienne étaient ainsi agrémentés de combats mettant en vedette des éléphants, des bisons, des chevaux, des ânes, des lions, des léopards, des panthères, des chiens sauvages, des serpents, des rhinocéros, des loups, des crocodiles, des hippopotames et plusieurs autres spécimens. La compassion humaine envers les animaux était alors une notion bien inconnue, et les gens risquaient encore réellement d'être attaqués par ces bêtes. Les jeux faisaient donc partie de la culture romaine : ils étaient indispensables à la popularité des autorités, en plus d'être un symbole de domination de l'empire sur la nature et un outil unificateur. Les dirigeants avaient avantage à s'en servir. Les venationes répondaient à un rituel symbolique qui tenait davantage à un besoin d'appartenance qu'à de simples pulsions sadiques.
De nos jours, les animaux sont chouchoutés comme nos enfants ou protégés contre la chasse et la cruauté. On achète notre viande bien emballée à l'épicerie et les règles d'hygiène régissant sa transformation sont hautement supervisées: on ne doute plus (ou presque) de sa qualité. Pour notre divertissement, on se tourne désormais vers les combats entre humains consentants... pour une rondelle ou une ceinture de champion du monde. Néanmoins, la nourriture permettra toujours, à nous spectateurs, de mordre à pleines dents dans l'action!
Les venationes ont transformé l'art gréco-romain - les mosaïques abondent encore aujourd'hui.




