La Tablée des Chefs s’organise pour récupérer la nourriture des hôtels et buffets afin de la redistribuer à ceux qui n’ont pas toujours quelque chose à se mettre sous la dent.
Il ne faut pas plus que le temps d'un café au fondateur de la Tablée des Chefs, Jean François Archambault, pour nous révéler sa recette de récupération et de courtage alimentaire.
Sa spécialité? Pallier en-faim au besoin des plus démunis en leur remplissant l'estomac des surplus alimentaires d'hôtellerie et de restauration destinés à la poubelle. Un service qui a mis du temps à s'organiser, mais qui aujourd'hui voit naître d'autres projets. On boit ses paroles et on vous les fait partager.
La redistribution alimentaire: une préparation longue
On comprend vite que le gaspillage n'est pas la tasse de thé de Jean François Archambault. Et ce n'est pas nouveau.
Déjà, en 1997, alors qu'il étudie en gestion hôtelière à l'Institut de Tourisme et d'Hôtellerie du Québec (ITHQ), son constat était sans appel. « Nous avions des cours en cuisine et c'était incroyable tout ce qui pouvait se jeter. Je me suis dis: "
pourquoi ne pas en faire profiter? " Cette idée a longtemps mijotée dans ma tête ».
Petit retour sur la préparation...
Au sortir de ses études, Jean-François Archambault décroche un poste de représentant des ventes dans de grands hôtels et des banquets. Une fois encore, les poubelles sont pleines. Son projet murit, mais ne se concrétise toujours pas.
C'est à la mort de sa mère que le jeune homme met un terme à sa réflexion et décide de passer à l'action. Pas étonnant que le déclic se soit produit à ce moment précis. Élevé dans une famille très impliquée au sein de sa communauté, il était de son ressort d'assurer la relève. « J'ai grandi dans l'esprit où il est normal d'aider les autres, car on n'a pas tous eu les mêmes chances dans la vie. », souligne Jean-François.
La sécurité alimentaire
En réunissant les principaux acteurs de l'industrie hôtelière, il met les pieds dans le plat et comprend que la sécurité alimentaire sera le premier frein à son projet. Les hôteliers craignent des poursuites en cas d'intoxication alimentaire. Avec l'aide de son père, conseiller juridique, il trouve la réponse à ce problème dans le code civil du Québec. Un article stipule que: «La personne qui porte secours à autrui ou qui, dans un but désintéressé, dispose gratuitement de biens au profit d'autrui est exonérée de toute responsabilité (...)».
La solution trouvée, il fonde la Tablée des Chefs en 2002.

