Dans ma ville natale, en plein cœur du centre-ville, le Dispensaire diététique de Montréal (DDM) veille sur les femmes enceintes défavorisées depuis plus de 125 ans.
À ses débuts en 1879, dans le sous-sol du YMCA au centre-ville de Montréal, la fondatrice du DDM, Emily F. De Witt, et son équipe de bénévoles préparaient de la nourriture - soupe, gelée de veau, pouding au lait, etc. - pour ensuite la livrer aux personnes pauvres et malades qu'un médecin leur recommandait. Précurseur des popotes roulantes, le Montreal Diet Dispensary voyait le jour, devenant ainsi l'un des premiers organismes communautaires de la ville.
Depuis 1948, le DDM loge à deux pas de l'ancien Forum de Montréal, dans une maison de briques aux portes rouges, où l'on accueille et réconforte quelques 2000 jeunes femmes chaque année. Environ le tiers de toutes les femmes enceintes démunies de l'île de Montréal!
Ces femmes ne disposent décidément pas d'un revenu suffisant pour se nourrir adéquatement durant leur grossesse. En l'espace de quelques mois, elles mettront au monde un bébé et souhaitent comme toutes les autres qu'il soit en santé. Il faut voir leur réalité...
Portrait d'une clientèle à risque
Les femmes qui fréquentent le DDM ont une chose en commun: elles sont enceintes. Mais chacune a son histoire.
Josette a 21 ans et comme la majorité des mamans du DDM (60%), elle reçoit de l'aide gouvernementale. C'est mieux que pour les 7% de femmes sans revenus...
Nabila est immigrante, comme la moitié de la clientèle du DDM, et elle habite le Québec depuis moins de 2 ans. Elle ne parle ni français ni anglais...
Alexia est adolescente et elle est enceinte du partenaire de sa mère. Elle a 14 ans... comme plusieurs autres adolescentes suivies au DDM.
Marie-Josée a des jumeaux et attend un garçon. Son mari l'a laissée il y a plusieurs mois et elle se retrouve chef de famille monoparentale comme le quart des autres mamans...
Maria attend son 4e enfant et comme le tiers des femmes du Dispensaire, gagne un salaire insuffisant pour nourrir tout ce beau monde...
Nathalie vit dans la rue où elle tente de se sevrer d'un problème de cocaïne avec de la méthadone (10 à 12% de la clientèle a des problèmes de toxicomanie). Elle se présente au DDM à sa 30e semaine de grossesse car elle tient beaucoup à son bébé...

