Méthadone, codéine et morphine, trois des nombreux membres de la famille des opioïdes, ont-ils toujours la cote dans le traitement de la douleur?
Ce n'est pas tellement ce qui sort du pavot qui devient vite matière à controverse, comme ce qu'on fournit aux récepteurs opiacés qui abondent dans notre cerveau, où ils jouent un rôle important dans le contrôle de la douleur, du stress et de l'humeur.
Depuis longtemps, la médecine utilise la morphine pour soulager des douleurs devenues insoutenables.
Depuis longtemps, la médecine utilise la morphine pour soulager des douleurs devenues insoutenables. Jusqu'au dernier siècle, ce puissant analgésique a été utilisé dans les situations de douleur intense et généralement de courte ou de moyenne durée, lors de chirurgies ou encore en phases avancées de douleur cancéreuse.
Douleurs chroniques non cancéreuses
Malheureusement, une clientèle de patients a continué à souffrir, souvent en silence, parce qu'elle ne répondait pas aux critères habituels d'utilisation de la morphine qu'on avait usage de réserver aux patients des services de chirurgie ou aux cancéreux en fin de vie. Ce sont les personnes qui souffrent de douleurs chroniques non cancéreuses: douleurs associées au diabète, douleur post-herpétique, sclérose en plaques, arthrites et autres affections douloureuses et chroniques.
Jusqu'à récemment, ces personnes n'avaient accès qu'à des médicaments antalgiques de moindre puissance: acétaminophène, anti-inflammatoires et autres médicaments appelés «co-analgésiques» (notamment les antidépresseurs et les antiépileptiques qui ont, c'est moins connu, un réel effet sur la douleur). Des recommandations de prescription ont même été dictées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans lesquelles on suggère que la morphine et les opioïdes soient réservées aux douleurs rebelles qui ne répondent pas aux autres médicaments.

