«Les causes de la maladie d'Alzheimer sont multiples, indique le Dr Judes Poirier, professeur de médecine à l'Université McGill et coauteur du livre La maladie d'Alzheimer: le guide. Certains facteurs de risque, comme l'âge, le sexe, la génétique et les antécédents familiaux, ne sont pas modifiables, mais en agissant sur d'autres facteurs et en adoptant certaines habitudes de vie, il est possible de ralentir son développement, voire même de la prévenir.» La prévention reste le meilleur espoir des personnes atteintes, puisque la maladie d'Alzheimer est toujours incurable.

Les facteurs de risques irréversibles

Plus on vieillit, plus le risque de développer la maladie d'Alzheimer augmente. L'âge est donc au nombre des facteurs de risque sur lesquels il est impossible d'agir. Dans son livre Ma stratégie anti-Alzheimer, le Dr Marwan Sabbagh soutient que 5 % des personnes âgées de 65 ans et plus sont atteintes de la maladie d'Alzheimer, un risque qui, par la suite, doublerait tous les cinq ans, pour atteindre de 35 % à 40 % à l'âge de 85 ans.

Les femmes seraient aussi plus exposées à la maladie que les hommes. «Cet écart s'explique certainement par la différence de survie entre les hommes et les femmes. On sait que l'espérance de vie est plus grande chez les femmes. Par contre, certaines recherches indiquent que l'apparition de la maladie pourrait être imputable à une baisse d'œstrogène chez la femme ménopausée», précise le Dr Poirier.

Les antécédents familiaux et la présence d'un gène, l'apoprotéine E ou allèle E4, sont également associés à un plus grand risque de maladie. Ces facteurs ne sont toutefois ni nécessaires et ni suffisants pour déclencher la maladie. Dans de rares cas, la maladie d'Alzheimer est héréditaire et se transmet d'une génération à l'autre. Ce phénomène s'observe particulièrement chez les personnes âgées de 35 à 60 ans, où la mutation de trois gènes déclencherait la maladie, peut-on lire dans l'ouvrage du Dr Marwan Sabbagh.