Jardiner en ville, c’est amener un coin de campagne chez soi. L’idée n’est pas nouvelle: depuis des décennies, une centaine de jardins communautaires agrémentent Montréal en été. Sans parler des potagers et jardins qui enjolivent les fonds de cour. Des experts parlent même de l’existence d’une cité méconnue: Montréal, métropole potagère du Canada.
L'idée, marginale au départ, s'est transformée en engouement. Depuis 2003, le concept des jardins communautaires a évolué et s'est étendu à verdir des espaces urbains de toutes sortes, comme des terrains vagues, des ruelles, des balcons et des toits. Des quartiers comme ceux de Notre-Dame-de-Grâce, du Plateau-Mont-Royal et de Villeray ont planté des arbres fruitiers et ouvert des jardins collectifs. Quelque 15 000 citoyens disposent ainsi de leur petit coin de verdure.
«Jardiner, c'est bien plus que s'amuser à produire des légumes et des fruits biologiques. L'activité génère un bien-être psychologique tant chez le gestionnaire que chez le simple citoyen. Elle sécurise les voisins, qui se reconnaissent, s'apprivoisent et deviennent des amis qui jardinent et surveillent la vie du quartier ensemble», explique Ismael Hautecœur, architecte paysager, coordonnateur du projet de jardins collectifs à l'organisation Alternatives et président du Regroupement des jardins collectifs du Québec.
L'aspect positif de l'agriculture urbaine est indéniable: elle sert à la santé, à l'environnement, à l'alimentation saine, à la purification de l'air, à la diminution des îlots de chaleur, au développement durable des espaces habités. C'est pourquoi plusieurs organisations l'ont inscrite dans leur mission et en font la promotion. «La prise en charge par les citoyens et les groupes communautaires est essentielle à la survie et à la pérennité des initiatives», complète Ismael Hautecœur.
Le CRAPAUD
L'une de ces initiatives est celle du CRAPAUD, collectif de recherche sur l'aménagement paysager et l'agriculture urbaine durable lancé par des étudiants et des professeurs de l'Institut des sciences de l'environnement de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).
Après avoir réalisé avec succès en 2008 un projet de potager sur le toit d'un édifice du pavillon des sciences, face à la Place des Arts de Montréal, ils s'adonnent cet été à la culture des arbres fruitiers ainsi que des plantes potagères et médicinales dans des plates-bandes qui bordent le bâtiment. «Notre idée est de faire comprendre qu'il est possible de jardiner avec peu de moyens. Nous avons uniquement besoin de nos mains, de semences et d'eau», explique Anne-Marie Legault, l'une des instigatrices du CRAPAUD.

