La Ville de Montréal interdira, dès le printemps, l’installation de nouveaux poêles à bois et foyers partout sur son territoire.
La future réglementation sur les appareils de combustion au bois interdira l'installation de poêles et de foyers dans toute maison en construction ou existante. Elle s'appliquera à tout «appareil à combustibles solides», ce qui inclut les poêles à bois classiques et les foyers en maçonnerie. Les poêles à granules de bois, au gaz naturel, au propane et à l'électricité sont toutefois exclus du règlement, qui sera soumis à la consultation publique les 24 et 25 mars 2009. Une assemblée publique aura lieu le 19 mars pour expliquer aux citoyens les détails du projet.
La Ville veut réduire le smog hivernal qu'on attribue en grande partie à l'utilisation des poêles à bois. Selon une étude d'Environnement Canada, la concentration de particules fines émises par le fonctionnement d'un poêle durant une période de neuf heures équivaut à l'émission d'une voiture intermédiaire roulant pendant une année complète. Le Réseau de surveillance de la qualité de l'air à Montréal estime pour sa part que les particules fines provenant du chauffage au bois et, dans une moindre mesure, des feux d'artifice, sont à l'origine de «la majorité des journées de mauvaise qualité de l'air»
En février 2009, Montréal venait d'enregistrer son 25e épisode de smog pour l'année, un record.
Insuffisant pour les écologistes
Le règlement adopté au terme de 10 mois de discussion au sein du conseil exécutif de la Ville est dénoncé autant par les écologistes que par les vendeurs de poêles. En annonçant un moratoire, l'administration du maire Gérald Tremblay confirme qu'elle abandonne, sous l'influence des maires de certains arrondissements de l'est de l'île, l'idée d'obliger les propriétaires à remplacer leurs appareils par des poêles certifiés d'ici 2016.
Un recul que déplore le Conseil régional de l'environnement de Montréal (CRE-Montréal). L'organisme juge la réglementation insuffisante pour résoudre le problème de qualité de l'air à Montréal. «Le règlement actuel ne vise qu'à empêcher l'installation de nouveaux appareils, mais ne prévoit aucune mesure pour remplacer les 50 000 appareils de chauffage au bois existants dont l'utilisation constitue l'une des causes principales des épisodes de smog hivernal. Aucune amélioration de la qualité de l'air ne peut donc être envisagée à l'heure actuelle», estime le directeur de l'organisme, André Porlier.
Le CRE-Montréal demande à la Ville d'aller jusqu'au bout de sa démarche en obligeant les propriétaires à remplacer leur système de chauffage au bois pour des systèmes au gaz ou à granules d'ici sept ans.

