On assiste depuis une quinzaine d'années à des transformations sociales importantes: médiatisation et omniprésence d'images sexuelles, érotisation de l'enfance et de la violence, hypersexualisation, cybersexe, retour en force de stéréotypes virilomaniaques et féminomaniaques...

Contre quelques dollars, des filles distribuent des turluttes aux garçons.

Un imaginaire érotique... médiatique!

Les enfants font leurs «classes sexologiques» sur le banc de l'ordi plutôt que sur le banc d'école, dans les télé-réalités, par les clips et la culture rap. C'est là qu'ils développent leur imaginaire érotique, qu'ils puisent pour construire leur identité de genre et leur perception de l'autre sexe. Pas étonnant que nombre d'entre eux prennent des raccourcis vers l'âge adulte.  On a besoin de se lever de bonne heure pour rivaliser avec le message ambiant. 

Au moment de la prépuberté, l'attrait, le goût d'explorer, l'effervescence génitale, la charge émotive ne sont pas encore trop envahissants. Voilà pourquoi ce carrefour constitue un moment propice pour parler de l'amour et de la sexualité à l'adolescence. 

L'adolescence: la saison des premières sexuelles

Avec la puberté qui se pointe, les enjeux de la sexualité sont différents, les risques aussi. On a parfois le sentiment d'avoir perdu toute influence  auprès des jeunes et surtout que ces derniers savent tout de la sexualité. Et pourtant, l'adolescence rime encore bien plus avec ignorance qu'avec connaissance et ils ont un besoin criant de partager, d'être écoutés et surtout, d'être rassurés.

Avec son cortège d'angoisses et d'expériences nouvelles, voilà que s'amorce une vaste saison de premières, saison durant laquelle la composante sexuelle prendra beaucoup de place, devenant le lieu principal de l'affirmation de l'autonomie.