Les concours de fellation, qui ont lieu dans les fêtes, les réunions d'amis et même à l'école, banalisent malheureusement la sexualité en l'axant sur la seule performance.
Ce qui a pour conséquence que la fellation n'est plus considérée comme un moment d'intimité avec l'autre, mais comme un acte technique qui requiert d'être aussi experte qu'excitante. Est-ce valorisant, les filles, d'être considérées comme une machine à faire jouir? Si votre réponse est «oui», vous devriez peut-être revoir votre façon d'envisager la sexualité.
La fellation, y a rien là!
Une fois que la fellation n'est plus perçue comme partie prenante de l'intimité sexuelle mais comme une pratique ouverte et banale, les autres limites dans la sexualité peuvent rapidement disparaître aussi. Déjà que la sexualité est fréquemment vécue comme une accumulation d'actes sexuels plutôt que comme un moment d'intimité, si on privilégie davantage la performance que le plaisir partagé, les conséquences peuvent être néfastes.
D'ailleurs, on rencontre de plus en plus de jeunes femmes qui ont pratiquement tout essayé sur le plan sexuel et qui s'en trouvent blasées! Elles ne voient donc plus l'intérêt de prendre leur temps et offrent leur corps comme s'il était une simple marchandise. Pour cette même raison, davantage de jeunes femmes de moins de 24 ans consultent pour des troubles du désir sexuel car elles ont le sentiment d'avoir fait le tour de la sexualité!
La sexualité, bien plus que du sexe
La sexualité ne se limite pas simplement à «faire des choses»; elle se définit par le partage de moments intimes avec l'autre, par les émotions ressenties et par le plaisir à se découvrir et à découvrir l'autre. La tendance à explorer la sexualité sous tous ses angles induit une «hypergénitalisation» de la sexualité. On perd ainsi tout l'aspect sensualité puisque seuls les organes génitaux sont impliqués. Plus l'exploration est rapide, moins les notions de désir, de plaisir et de partage sont présentes et, plus la notion de performance prend de place, plus la sexualité devient banalisée.
Ce n'est pas pour rien que le sentiment d'avoir «tout fait» rend la sexualité peu intéressante. On finit par vouloir quelque chose de plus intense, de nouveau parce qu'il n'y a pas d'implication des émotions dans la relation. Le désir sexuel étant nourri de l'imaginaire et des émotions qui s'y rattachent, il n'est pas attisé par le simple fait de «faire des choses».

