Chaque année, bon nombre de parents sont confrontés à un dilemme quand vient le temps de choisir une activité sportive pour leur enfant.
Faut-il le réinscrire au cours de judo qu'il suit depuis deux ans, même si l'enfant est plutôt «tiède» face à la discipline? Peut-on faire suivre un cours de karaté à un bambin de quatre ans? Comment savoir ce qui est bon pour eux?
Alain Lefebvre est directeur technique à la Fédération de natation du Québec. Diplômé en éducation physique, cet ancien athlète de l'équipe canadienne de water-polo a également été entraîneur d'athlètes de haut niveau pendant 25 ans, notamment de l'équipe olympique en 1988 à Séoul. C'est donc en toute connaissance de cause qu'il assume - entre autres mandats - la responsabilité des programmes de la fédération, la formation des entraîneurs et le développement des activités proposées aux enfants par les clubs.
Stimuler l'enfant avant tout
«Avant toute chose, il faut savoir que près de 80 % du système nerveux est déjà développé chez les jeunes enfants, d'où leur soif intense de stimulation, précise Alain Lefebvre. Or, le système nerveux, c'est la motricité. Il faut donc encourager les jeunes enfants, jusqu'à six ans environ, à toucher à tout: nager, ramper, jongler avec des objets, grimper, etc. L'important n'est pas d'être expert dans un domaine, mais d'avoir une approche multiactivités, d'offrir aux enfants la possibilité d'aller chercher un vaste savoir moteur, d'élargir la base des activités pour couvrir un bon pourcentage de leurs habiletés. À ce stade, ce n'est pas encore spécifiquement du sport. À partir de sept ans, c'est l'âge du butinage, et il est donc normal qu'un enfant veuille essayer plusieurs disciplines. »
«Idéalement, une discipline sportive devrait offrir aux enfants des exercices variés, qui ne sont pas forcément en lien direct avec la discipline elle-même. Ce qui n'est pas toujours possible, car les entraîneurs sont confrontés à la disponibilité des lieux et au contenu du programme de leur discipline, et ils ne possèdent pas toujours l'expertise pour faire faire aux enfants un plus large éventail d'activités. De leur côté, les parents doivent se contenter de ce qui est disponible. C'est pourquoi des programmes multisports ou multiactivités sont actuellement à l'étude, pour apporter un complément aux sports et permettre aux enfants de cumuler leurs habiletés ».

