Commencer tôt ou s'initier tard?
Les disciplines sportives sont scindées en deux grandes familles: les sports dits à développement hâtif, et les sports à développement tardif. Si le développement est dit hâtif, c'est tout simplement que la nature même de la discipline exige que l'enfant commence très jeune. C'est le cas notamment de la gymnastique, qui nécessite un apprentissage très tôt, la carrière des gymnastes étant relativement courte. En revanche, le hockey ou le soccer sont classés dans la seconde catégorie, puisqu'aucune des deux disciplines ne requiert que les enfants commencent très tôt. «C'est un peu comme en musique, souligne Alain Lefebvre. On peut développer des habiletés au tuba ou à la contrebasse seulement au secondaire, mais si l'on veut jouer du violon ou du piano, il nous faut commencer tôt.»
«Il en est de même pour la spécialisation de la plupart des sports collectifs (donc à développement tardif), qui se fait plutôt au début de l'adolescence. Bien sûr, l'enfant peut s'initier au soccer à quatre ans, mais l'activité devrait être pratiquée selon son âge, donc sous forme de jeu, pas de match.»
«Il faut également tenir compte, dans le choix des activités, de la différence fondamentale d'approche des disciplines entre filles et garçons. Les filles vont, en général, avoir plus tendance à travailler par rapport à elles-mêmes, tandis que les garçons sont plus compétitifs les uns par rapport aux autres. C'est un peu le vieil esprit de clan qui refait surface: les garçons vont plus facilement se soumettre à un chef s'ils sentent qu'il est menaçant ou qu'il est fort en gueule. Il faut toutefois faire attention à l'esprit de compétition. Il est en effet recommandé de privilégier chez les jeunes enfants la progression par rapport à soi plutôt que la compétitivité. En natation, par exemple, nous avons instauré un système de rubans qui souligne la performance de l'enfant, et non son classement au sein du groupe. Le message que ce système véhicule, c'est qu'il est important d'être meilleur que soi-même, et non meilleur que les autres. Bien entendu, on ne peut pas maintenir les enfants dans un système qui ne reflète pas celui de la vraie vie, et la remise de rubans ne s'effectue que jusqu'à l'âge de 10 à 11 ans environ. Ensuite, les enfants sont mûrs pour adhérer au système traditionnel de médailles.»

