La forêt boréale

Les rencontres avec quelques rôdeurs sont plus rares en ce temps de l'année, mais pas impossibles. L'ours noir, le caribou, l'orignal et bien d'autres espèces de la forêt boréale prennent parfois le même chemin que nous.

Six jours de marche, 10 sommets, ponctués de nuits dans des refuges sans eau ni électricité, mais pourvus de bons matelas et très bien entretenus par le réseau des parcs du Québec, la Sepac. Une petite journée nous voit parcourir neuf kilomètres, mais au dernier jour, l'étape s'étire pendant 19 kilomètres sur un sentier de calibre moyen qui demande beaucoup d'endurance au randonneur, car un kilomètre en forêt, c'est long.

Le truc, c'est de faire comme voisine et moi: lever à 5h, départ à 6h30, dodo à 19h. Avec beaucoup de temps devant soi, tout devient franchissable. Les montées sont parfois assez à pic, mais les descentes sont beaucoup plus difficiles pour les jambes et les pieds. La petite crème pour l'automassage des voûtes plantaires et des orteils avant le sommeil reste un pur bonheur de cette aventure.

Le difficile transport des bagages ralentit beaucoup la marche. Notre vitesse de deux kilomètres/heure restera la moyenne pour tout le parcours, même si à la fin, le bagage pèsera douze kilos. Les épaules meurtries s'oublient tant il devient réconfortant de trimballer tout le matériel nécessaire sur soi. L'autonomie complète, jumelée à l'indépendance totale! On se sent presque un pays! Oups, une tortue plutôt. Et le petit café qu'on boit à 1 000 mètres d'altitude pour accompagner les éternelles barres granola. C'est la joie de tout transporter sur soi.

Deux caribous

Un pas, un caillou, la terre noire, les racines, les feuilles mortes, où poser la pôle, le pied s'appuie, la branche plutôt basse, je me penche, ma maison bascule, je rattrape, un autre pas et la lumière du jour, l'humidité, les branches, une autre racine, le pied solide, on avance.

Le deuxième jour, près du mont Logan, nous avons vu deux caribous. Elle et lui nous barraient la route. En s'observant plusieurs minutes, ils ont décidé de se camoufler derrière des arbres. Nous sommes passées, ils nous regardaient toujours. Une autre fois dans un boisé assez dense, nous avons rencontré un orignal, les pas de sa fuite au galop faisaient trembler le sol.